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Longer un cheval.

 

Pendant le débourrage, les trois quarts de la phase essentielle qu'est la préparation du cheval au montoir se déroule à la longe. La longe sera un moyen très utile dans d'autres circonstances : détendre le cheval avant le travail, mettre en selle et sécuriser un débutant.

Le travail à la longe permet de "gymnastiquer" quotidiennement votre poulain, de contrôler la cadence de ses allures, de l'assouplir, d'établir un début de codification des aides (par la voix, le caveçon et la chambrière) et de canaliser son impulsion.

Sur un cheval préparé, les bons effets du travail à la longe se traduissent par le développement du trot.
©Frédéric Chéhu (fchehu@club-internet.fr)

Par la suite, le travail à la longe nous permet de déterminer les variations d'allure sur le cercle mais aussi en ligne droite.

Le matériel nécessaire sera une longe bien entendu, une chambrière suffisamment longue pour pouvoir toucher un cheval sur un cercle de 6 à 8 m de rayon, et un caveçon. Je recommande de longer les chevaux sur un caveçon, sur un licol bien ajusté ou sur l'anneau intérieur d'une muserolle allemande. Cela vous évitera tout problème avec la bouche de votre cheval si votre cheval connaît des moments de désordre et de nervosité. Il est aussi recommandé de mettre des guêtres aux antérieurs et aux postérieurs pour longer un jeune cheval ou un cheval manquant d'expérience.

Vous pouvez aussi utiliser des enrênements tels que le chambon ou les rênes fixes. Les rênes fixes aident à canaliser les chevaux agités, voire brutaux. Elles ne doivent jamais être utilisées pour placer un cheval, mais uniquement pour le canaliser. Le réglage doit être progressif pour éviter de violentes défenses. La rêne fixe intérieure pourra si nécessaire être plus basse et plus courte pour éviter un faux pli extérieur. Mais, attention, ceci peut être à double effet car le cheval peut se braquer sur cette rêne plus courte et accentuer le contre pli. À vous d'agir en fonction de ce que vous observez.

Entre la main et la chambrière, le cheval piaffe... Tout comme sa cavalière d'ailleurs...
©Frédéric Chéhu (fchehu@club-internet.fr)


Le chambon pourra être utilisé pour longer des chevaux à l'encolure naturellement renversée ou par un mauvais travail. Ces chevaux peuvent, au seul contact de la longe sur le caveçon mettre la nuque en arrière, creuser le dos et mettre les postérieurs à la traîne. Cet enrênement, progressivement réglé, va leur faire allonger l'encolure d'abord vers le bas et ensuite horizontalement, leur remonter et décontracter le dos.

"Chambrière sans longe, longe sans chambrière"... Si vous demandez un surcroît d'impulsion avec la chambrière, n'oubliez pas de détendre la longe telle une véritable descente de main. Sinon, le cheval risque d'augmenter son poids sur la longe et de déraper des hanches vers l'extérieur. Pour éviter que le cheval ne s'échappe, choisissez le moment où votre cheval est canalisé par une paroi ou une liste.

Comment procéder ? Tout d'abord, quand je mets un cheval sur le cercle, je reste au centre et c'est lui qui s'éloigne de moi. Grâce à la chambrière délicatement utilisée, j'éloigne le cheval du centre. Je fais très attention de "résister" légèrement avec la longe pour que ce soit les hanches qui partent vers l'extérieur en premier. Si le "longeur" lâche trop rapidement sa longe, le cheval risque de se tourner vers l'extérieur et de lui présenter ses fesses (même gentiment). Dans certains cas, cela peut être risqué ! Par contre, quand j'ai fini de le longer, ou pour le faire changer de sens, je le ramène vers le centre, vers l'homme… Les chevaux doivent comprendre qu'ils n'ont rien à craindre de nous et que nous travaillons avec et non contre eux…

Entre deux cercles, vous pouvez obtenir les premiers allongements en déplaçant votre cheval le long de la paroi. Vous devez vous déplacer sur la ligne reliant les centres des deux cercles, en marchant plus ou moins vite, voire en courant. Là aussi, soyez très progressif pour éviter que votre cheval ne s'affole et ne fuit.

Si le cheval tombe à l'intérieur de son cercle, élargir le cercle en pointant la chambrière vers la sangle, voire en le touchant à cet endroit de la mèche de la chambrière.

Allongement du trot en deux cercles .


Arrêter un cheval à la longe


Pour arrêter un cheval à la longe, vous devez, dans un premier, combiner plusieurs aides : la voix, le mur ou parebotte et la chambrière éventuellement. Dans un premier temps, j'utilise l'aide du mur pour obtenir cet arrêt. Le schéma ci-dessous vous explique comme je procède.

Quand le cheval se trouve sur la partie du cercle le ramenant vers le mur, je me déplace vers ce mur en demandant de la voix l'arrêt :"En place" ou "A - rrê - ter"... Il est important d'utiliser toujours les mêmes termes que le cheval associe ce qu'il doit faire au commandement vocal qu'il entend. Attention à la délicatesse de vos actions. Un déplacement trop brutal pourrait entraîner un arrêt tout aussi brutal, voir un demi tour avec une fuite en arrière, voir un passage en force en montant plus ou moins sur le pare botte. Agissaez donc avec tact !

Il arrive également souvent que le cheval s'arrête en se tournant face à vous. C'est là que l'aide de la chambrière peut intervenir. L'animation ci-dessous vous montre la façon d'agir. Un écuyer comme Lucien Gruss dresse d'ailleurs ses chevaux à s'arrêter de cette façon.

Quand l'arrêt se passe correctement à proximité du mur, vous pouvez progressivement le demander en l'éloignant de celui-ci.


Longer un poulain au débourrage


Dans un premier temps, n'hésitez pas à faire découvrir à votre cheval le lieu où il va travailler. Pour cela, il faut le promener en main dans cet espace. Faites-vous aider par un aide qui marchera au niveau des hanches, chambrière ou grande cravache à la main. Parlez, caressez, rassurez. Vous pouvez terminer en faisant des grands cercles aux deux mains à chaque extrémité de la carrière ou du manège. Un manège de petite taille (12 x 24 m environ) et fermé est préférable. Le poulain sera mieux canalisé et ne sera pas distrait par ce qui se passe dehors.

Le poulain connaît maintenant l'espace de travail qu'il a parcouru dans tous les sens, à toutes les mains. Le temps du travail à la longe est arrivé. N'hésitez pas à vous faire assister de plusieurs aides pendant ses premières séances. Deux ou trois personnes peuvent être nécessaires pour vous assister. Cela vous simplifiera le travail et évitera les conflits pouvant naître de l'incompréhension qu'a le cheval de ce que vous lui demandez.

Travail d'un poulain à la longe
©Frédéric Chéhu (fchehu@club-internet.fr)

En observant la photographie ci-dessus, vous pourrez remarquez la présence d'une personne tenant une chambrière et marchant sur un cercle intérieur à celui du poulain. Cette personne va inciter le poulain à se porter en avant aux commandements du "longeur". De plus, elle évitera que le cheval ne réduise son cercle. Le "longeur" veillera à tourner en restant sur place. Dans le cas de la photographie ci-dessus, le pied de pivot du "longeur" est le pied gauche qui reste sur place.

Le schéma suivant va vous expliquer comment réduire la surface de travail de votre poulain afin de mieux le canaliser sur le cercle.

Dans cet exemple, deux aides tiennent une longe pour réduire la dimension de la carrière. Mais, à vous de faire preuve d'imagination pour réduire cette surface : des barres d'obstacle; aides accompagnant le poulain...

Deux autres exemples pour vous aider à longer un poulain :

Canaliser par deux aides dans un coin de manège

Poulain canalisé par des obstacles

 


Les limités matérialisée sont souvent indispensable. Les défenses du poulain risquent de s'amplifier si elles aboutissent. Ce grand nombre d'aides peut paraître excessif, mais il vous simplifiera le travail et donc, vous fera gagner du temps. De plus, il vaut mieux éviter d'entrer en conflit avec votre poulain que d'être amené à essayer de corriger des défenses acquises par celui-ci, par un manque de moyens.

Le travail du poulain à la longe a plusieurs buts. Il prépare votre poulain au montoir en le mettant dans un esprit de travail. Il a aussi un but important : pendant cette période, votre voix indique les arrêts, le pas, le trot, le galop; elle calme, elle stimule... Utilisez toujours les mêmes stimuli, toujours les mêmes mots pour obtenir les mêmes effets : "auuuu paaaaas...", "auuuu trooooot...", d'une voix traînante pour obtenir des transitions descendantes; "pas !", "trotte !", d'une voix plus sèche pour les transitions montantes...

Fandango au passage aux longues rênes
©Frédéric Chéhu (fchehu@club-internet.fr)

Quoi de plus facile de partir au galop dans le meilleur équilibre possible si votre poulain comprend le terme "galope !"... Il vous suffira ensuite d'associer les aides de jambes d'assiette et de mains pour progressivement faire disparaître l'aide de la voix. Il en ira de même pour l'apprentissage de l'arrêt qui inquiète parfois les chevaux nerveux. S'il connaît le terme "en place" ou "arrêter", obtenir l'arrêt sera facilité.

Le schéma ci-dessus vous indique l'endroit où il peut être judicieux de demander les premiers départs au galop à la longe. En effet, ces premiers départs peuvent engendrer chez votre cheval des désordres. L'approche du premier coin et du petit côté incitera voter monture à se soutenir de lui-même, à ne pas se jeter dans son galop. Cet endroit sera d'ailleurs celui que je vous recommanderai pour les premiers départs au galop montés, pour les mêmes raisons, il va de soi.

Ne négligez pas le travail à la longe, qu'il soit pour un poulain au débourrage ou pour un cheval plus aguerri au travail. Voici quelques raisons pour lesquelles je longe toujours un cheval avant de le travailler : tout d'abord, ne pas lui mettre un poids important sur son dos non encore échauffé; lui permettre de se défouler librement avant de rentrer dans le travail; et une tendance qu'on beaucoup de cavaliers de trop vite chercher à mettre en place et de travailler un cheval qui n'est pas suffisamment échauffé.