Équitation Passion : Le site de l'Équitation à Cheval et à Poney.

L'histoire de l'Équitation

 

1) Les origines

Cet article ne pourra être qu'un résumé très succinct d'une si longue histoire qui fait apparaître les premières images du cheval à côté de l'homme de Neandertal dès le début du Quaternaire. Dès lors, l'histoire de l'humanité est liée à celle du cheval.

Tous les peuples s'efforcèrent d'utiliser l'énergie, la force motrice du cheval. Ils n'eurent de cesse que de chercher à perfectionner les moyens d'attelage et les organes essentiels du harnachement : filet, selle, ferrure... Le mors apparaît en Mésopotamie dès le IVème millénaire. Ce n'est qu'au Vème siècle de notre ère que les Byzantins découvrirent les autres éléments indispensables à l'Équitation : la selle, les étriers et les fers. Le cavalier peut alors utiliser toutes les ressources du cheval dans ses déplacements, la chasse et la guerre.

Les techniques équestres de l'Antiquité sont peu connues. La découverte récente des tablettes hittites datant de 1490 avant notre ère fournit les premiers principes d'un art équestre. Le guerrier Kikuli y traite de l'entraînement progressif des chevaux utilisés pour tirer les chars de combat. Plus tard, vers 424 av. J.C., un hipparque grec, Simon d'Athènes, remarque justement dans un ouvrage consacré à l'art équestre: "Dans ce qu'il fait malgré lui, le cheval ne met pas plus d'intelligence et de grâce qu'un danseur qu'on fustigerait et piquerait de l'aiguillon." Son disciple Xénophon rédigera vers 370 av. J.C. un traité "De l'équitation", une des œuvres les plus magistrales écrites à ce sujet.

 Le piaffer


2) La naissance de l'art

Au XVème siècle, l'équitation devient un art. Jusqu'alors, le cheval n'était utilisé que comme un instrument au service de l'homme.

La première incarnation du mythe de centaure apparut au début du XVIème siècle avec les seigneurs espagnols de la suite de Ferdinand d'Aragon, à son quartier général de Naples. Le cheval espagnol, merveille de force et d'équilibre, offrait aux écuyers napolitains l'éblouissante vision d'une équitation dont la beauté égalait l'efficacité. La subtilité de quelques écuyers, conjuguée à l'adresse de leur monture, révéla le début de l'art équestre. À la même époque, c'est encore en Italie, sous la protection des grands ducs de Toscane, qu'est exploré pour la première fois le domaine de l'équitation formelle.

Plan de terre de l'épaule en dedans

Les académies napolitaines et florentines d'équitation influenceront celles des États voisins, particulièrement la France. Bénéficiant de ressources plus grandes, les académies de ces États atteindront leur plein épanouissement et deviendront une expression de la monarchie classique. Dès lors, cet art nouveau ne cessera de se perfectionner jusqu'au XVIIIème siècle. Il atteindra son apogée au manège royal de Versailles.

L'art équestre se différencie de l'équitation de transport ou sportive comme la chorégraphie se différencie de la marche ou de l'exercice physique. Il vise en effet, grâce à des moyens rationnels, à l'équilibre le plus parfait entre le cheval et le cavalier, en prenant pour modèle l'air naturel de l'étalon libre et triomphant. Les attitudes du cheval d'école correspondent toutes aux différentes phases du combat entre deux chevaux.

César Fiaschi, fondateur d'une des premières académies d'équitation, a recherché dans le rythme musical la cadence du pas de ses chevaux, mariant ainsi leurs mouvements au rythme de la musique. "Sans temps et mesure, ne se peut faire aucune bonne chose", a-t-il écrit. L'action de cet écuyer est le point de départ de la théorie de l'équitation.


3) Les écoles équestres

L'histoire de l'équitation est liée à celle des monarques et des cours. Elle y contribuait au prestige de l'État, enrichissait l'art militaire, servait le plaisir et le goût des princes et des nobles. Si elle en fut le privilège presque exclusif, cela s'explique par le luxe de moyens nécessaires à la sélection des hommes et des chevaux et par l'importance des frais provoqués pour les maintenir dans des conditions indispensables à l'épanouissement de leurs dons.

 

Les personnalités équestres qui demeurent isolées sont rares. Soit qu'elles sont appelées auprès d'une cour pour leur talent, comme le Français François Robichon de La Guérinière, soit que leurs qualités n'aient pu, sans assistance matérielle, se développer jusqu'à la notoriété.

On peut retenir deux principales traditions équestres : celle de Versailles, dont les continuateurs furent des Allemands comme le baron de Sind et G. Steinbrecht, et des Autrichiens comme Maximilien von Weyrother et ses successeurs à l'école espagnole de Vienne, qui considèrent encore aujourd'hui l'œuvre de la Guérinière comme leurs "tables de la loi", et celle de l'école bauchériste (François Baucher, 1805-1873) dont se recommande encore quelques cavaliers. Aucune des autres interprétations qui ont vu le jour depuis le début du XIXème siècle n'a porté très haut ni très loin les écuyers qui s'en inspirèrent. Enfin, on ne peut classer les écoles par nationalité, même si leur présentation porte toujours la marque du tempérament de leurs exécutants.

Rien ne peut paraître à première vue plus antagoniste que ces deux écoles.

François Robichon de la Guérinière :

Vous pourrez télécharger "École de cavalerie", écrit en 1729-1730 pour le tome I et 1731 pour le tome II en allant sur le site Equus, à la rubrique équitation.

Ce livre est toujours considéré comme une œuvre majeure de l'art équestre et, est encore actuellement la "bible équestre" dont se réfèrent les écuyers de l'École Espagnole de Vienne. La partie à télécharger est la deuxième partie de son ouvrage qui en comprend trois. La première partie se consacre à "la connaissance du cheval et de tout ce qui le concerne : mors, ferrure, selle et alimentation" ; la deuxième traite du "dressage" ; la troisième se consacre au "traitement des maladies".

François Baucher :

En allant consulter cet article, vous y trouverez bien évidement des renseignements sur François Baucher et son école. Vous pourrez aussi consulter la dernière leçon que Baucher a donnée. Une leçon très instructive qui vous montrera que le temps passe, les cavaliers passent, mais les problèmes restent les mêmes. Car, cette leçon si fondamentale est celle que donne tout au long de sa carrière tout maître de manège digne de ce nom... Vous pourrez également télécharger les deux ouvrages du général L'Hotte, disciple de Baucher : "Un officier de cavalerie" et "Questions équestres" en allant sur le site Equus, à la rubrique équitation.

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D'autres écuyers ont marqué de leur nom l'histoire de l'équitation. Pour n'en citer que deux, je parlerai de Antoine de Pluvinel et de Faverot de Kerbrech. Vous pourrez une fois de plus télécharger : "Dressage méthodique du cheval de selle" de F. de Kerbrech et "L'Instruction du Roy" de A. de Pluvinel en allant également sur le site Equus, à la rubrique équitation.

Nuno Olivera montant Florido, le chaval de Michel HENRIQUET

Je ne peux terminer cet article sans citer deux écuyers contemporains que j'ai eu la chance de rencontrer et qui sont mes Maîtres : je veux parler de Michel HENRIQUET et de son épouse Catherine. Les portes de leur manège ont toujours été grandes ouvertes à tous ceux qui sont à la recherche de la belle équitation. Ils ont su garder intact tous les grands principes d'équilibre, de légèreté et de grâce de l'équitation de tradition française telle qu'elle était enseignée au manège des Tuileries, et restent les dignes héritiers de François Robichon de la Guérinière. Je ne peux que vous conseiller de consulter leur dernier ouvrage qui est "Gymnase et dressage". Vous le trouverez en référence dans "nos favoris".



Grâce à eux, j'ai eu l'immense privilège de pouvoir travailler avec celui qui est considéré comme la première intelligence équestre du XXème siècle et qui se nomme Nuno OLIVEIRA. Là aussi, je ne peux que vous conseiller de consulter son dernier ouvrage. Il est intitulé "L'art équestre ". Vous le trouverez également référencé dans "nos favoris".

Vous pouvez également par ce lien télécharger "les plans de terre". Ce sont les tracés au sol des exercices à accomplir pour dresser un cheval au manège des Tuileries sous F. de la Guérinière. Ils sont au nombre de cinq et représentent un fichier de 687 Ko.