Équitation Passion : Le site de l'Équitation à Cheval et à Poney.
Le travail au galop

 

Dans un premier temps, nous allons revenir sur les départs au galop. Dans le chapitre consacré au galop du jeune cheval, nous avons expliqué comment mettre le cheval dans les meilleures conditions possible pour qu'il puisse partir. Nous avons appelé ces aides « les aides préparatoires ». Puis, nous avons expliqué comment, afin d'obtenir le départ proprement dit, utiliser le code vocal établi pendant le travail à la longe et comment passer de cette aide vocale aux aides « d'exécution » qui utilisent le code « action de jambes ». Pour le cheval plus expérimenté, nous allons également différencier les aides préparatoires et les aides d'exécution. À travers la littérature équestre, on peut retrouver d'innombrables controverses sur la manière de faire partir son cheval au galop : les aides diagonales, les aides latérales intérieures, les aides latérales extérieures... François Robichon de la Guérinière écrivait que seule la jambe extérieure était la jambe du départ au galop. Ceci semble logique puisque cette jambe agit sur le postérieur extérieur qui, lui, est le premier membre du cheval a pousser au galop. Nuno Oliveira a écrit pour sa part que « l'un ou l'autre de ces procédés est bon. Ce qui est nécessaire, c'est de donner au cheval la gymnastique appropriée pour partir au galop par des aides bien déterminées. » (Nuno Oliveira in « Réflexions sur l'Art Équestre »). Ce qui importe avant tout est la préparation que l'on apporte à ce départ. Je reprendrai une citation du Maître Nuno Oliveira : « De la qualité de l'allure où l'on est, dépend la qualité de l'allure qui va suivre. ». Appliquez-vous donc à rechercher la meilleure cadence, le meilleur équilibre dans la plus grande légèreté. Ceci permettra à votre cheval d'être dans les meilleures dispositions pour partir au galop. Je vais maintenant vous décrire les aides que j'utilise. Bien sûr, entre les aides « rudimentaires » utilisées pour faire partir un poulain au galop et les aides plus sophistiquées que je vais vous décrire, il y a un cheminement progressif, fait de patience, de retour en arrière, de récompense, d'encouragement, qui durera le temps nécessaire qu'il faudra à votre cheval pour comprendre ce que vous attendez de lui.

Voici donc les aides que j'utilise pour demander le départ au galop :

I. Les aides préparatoires : mes jambes vont veiller au maintien de l'impulsion, de la cadence. Ma rêne extérieure veillera à contrôler l'équilibre de mon cheval. Elle sera donc légèrement soutenue. Ma rêne intérieure, quant à elle, veillera à la correction du pli. Attention de ne pas exagérer le pli du cheval au galop. Trop de pli risque de gêner, de contracter le cheval. S'il faut vous donner un repère sur ce pli, je dirais qu'il vous suffit de voir affleurer l'oeil intérieur. Ma rêne intérieure sera donc plus basse, posée au creux du garrot comme je l'ai expliqué dans l'article sur les aides. À partir du moment où mon cheval est dans l'attitude correcte pour partir au galop, dans la bonne cadence et léger, il ne me reste plus qu'à utiliser mes aides exécutoires. Vous en ayant déjà parlé dans l'article sur les aides, je ne reviendrai pas sur le caractère ponctuel de mes actions, le but étant non pas d'agir, mais de chercher à céder.

II. Les aides exécutoires : à partir du moment où mon cheval est cadencé, impulsionné, léger, ma demande va s'effectuer par une bascule de mon bassin qui va venir peser sur ma fesse extérieure, ma jambe extérieure se reculant très légèrement. Si je demande le départ au galop à gauche par exemple, mon cheval devant être légèrement incurvé à gauche, mon buste sera lui-même légèrement incurvé dans cette direction, l'épaule intérieure légèrement effacée et plus basse que l'épaule extérieure, mon regard dans le sens de l'incurvation que je veux donner à mon cheval. Il me suffit donc maintenant de "mimer" la fouléez de galop du cheval. Et, si le départ au galop n'est pas obtenu à la première demande, avec un jeune cheval par exemple, répétez votre demande au rythme où votre cheval répétera ses foulées de galop.

Je ferais ainsi avec un jeune comme avec un cheval expérimenté. Seul l'intensité de la demande devra varier.

Puisque mes aides préparatoires ont rempli le rôle que j'attendais d'elles, dans le moment de la demande du départ au galop, elles n'ont plus aucune utilité. Je dois donc impérativement céder afin que le cheval ne vienne pas se heurter à une main qui n'a pas su s'ouvrir au moment de son départ.


Le maître Nuno Oliveira montant Euclides

Nous allons maintenant traiter des problèmes que vous risquez de rencontrer pendant le travail au galop de votre cheval. Comme je vous l'ai déjà expliqué pour un poulain, le galop à droite peut présenter un problème même pour un cheval plus âgé. Les conseils que je vous ai donnés pour le poulain valent également pour un cheval plus mûr. Choisissez de demander le galop à la sortie d'un cercle à main droite, n'hésitez pas à lui mettre un léger contre pli, c'est-à-dire, le bout du nez légèrement à l'extérieur, pour faciliter son départ sur le pied droit. Il est évidemment plus important que le cheval parte sur le bon pied qu'il ait un placé correct. Le mécanisme du départ acquis, les modifications de correction du départ ne seront plus un problème.

Le cheval qui galope doit avoir une bonne impulsion, doit être bien cadencé, et se maintenir droit à l'une et à l'autre main. Je rappelle qu'un cheval droit est un cheval dont les postérieurs suivent les traces des intérieures. Tout animal qui galope se traverse. Observez un chien qui vient vers vous à cette allure ; observez un cheval en liberté ; vous constaterez que, dans bien des cas, ceux-ci se traversent. Dans le cas du cheval, les hanches se trouvent à la droite des épaules quand il est au galop à droite et inversement au galop sur l'autre pied. Différents exercices dont le galop à faux, vont vous permettre de redresser votre cheval. Avant d'entrer dans ces exercices plus spécifiques, le simple fait de mettre le bout du nez de votre cheval vers l'extérieur vous aidera à l'avoir plus droit. Faites l'expérience de galoper à main gauche avec un cheval qui se traverse, pliez-le à gauche, les hanches sortiront d'avantage de la piste. Maintenant, pliez-le légèrement à droite, et vous constaterez par vous-même que le cheval sera moins traversé, le bout du nez vers l'extérieur.

La rectitude du cheval au galop est un préalable aux changements de pied. En effet, les exercices qui vont vous permettre de redresser votre cheval sont bien souvent proches des aides que vous allez mettre en place pour changer de pied. Il risque d'y avoir confusion si un travail de rectitude et de changement de pied est mené parallèlement. Il est évident qu'un cheval qui ne galope pas droit pourra obtenir des changements de pied isolés. Mais, il aura de grandes difficultés à les rapprocher s'il ne galope pas parfaitement droit. Nous aborderons le problème des changements de pied dans un autre article. Si votre cheval a tendance à se traverser au galop, ne faites pas l'erreur souvent rencontrée de lui mettre exagérément le bout du nez à l'intérieur. Ceci ne manquera pas d'accentuer encore plus le problème. Au contraire, mettez-le dans un léger contre pli, c'est-à-dire l'encolure légèrement ployée vers l'extérieur. Vous constaterez qu'il aura de la sorte tendance à se redresser de lui-même. Des exercices appropriés viendront bien sûr renforcer cette tendance et vous permettront de retrouver un pli normal. J'en décris certains par la suite.

Ne vous contentez pas « d'à peu près » dans les départs au galop que vous demandez à votre cheval. Souvenez-vous que la qualité des premières foulées du galop que vous obtenez dépendra directement de la qualité du départ au galop que vous avez demandé. Si le départ au galop n'est pas satisfaisant, il est important de remettre votre cheval à l'allure à partir de laquelle vous avez demandé le départ au galop et de lui demander un nouveau départ en revenant à l'endroit même où le précédent a été mal effectué. Un excellent exercice pour améliorer l'attitude, l'équilibre de votre cheval au galop est justement la répétition des départs. Je vous invite bien évidemment à vous imprégner de l'article sur l'arrêt et sur les aides afin de réaliser au mieux ses transitions montantes et descendantes.

Avant de vouloir trouver des raisons propres aux problèmes que votre cheval vous pose, que ce soit au galop ou pour tout autre exercice, essayez de trouver la solution dans ce que vous ne faites pas forcément comme il faudrait. Vous remettre en cause avant de chercher des responsabilités chez votre cheval me semble être un préalable indispensable à vos futurs progrès.

Au galop, ce n'est pas votre buste qui galope. Celui-ci doit être effacé.C'est votre ceinture qui galope. Soyez tout simplement assis. Je vous invite à vous reporter à la vidéo ci-dessous qui en est une excellente illustration, après en avoir lui les remarques, écrites en vert. Je comparerais le cavalier qui galope à un cavalier qui fait le mouvement de l'arrêt sur chaque foulée. Je parle du « mouvement de l'arrêt ». Je ne vous demande pas d'arrêter le cheval sur chaque foulée. Sur chaque foulée, je me grandis, je me grandis, je me grandis, etc. Je ne peux m'empêcher de vous répéter les mots que j'ai entendus si souvent de la bouche du Maître, Michel Henriquet : « jambes - fesses - mains ; jambes - fesses - mains ; etc. ». La main, plus précisément la main extérieure a l'action que je décris dans l'article sur l'arrêt : une action de bas en haut et de l'arrière vers l'avant. Attention, ne faites pas l'erreur de vouloir cadencer votre cheval avant qu'il ne soit suffisamment « rassemblé », vous risqueriez d'éteindre son impulsion. Quelle que soit l'allure, chercher à trop la ralentir, à trop la cadencer, risque déteindre l'énergie du cheval. Souvenez-vous de cette règle d'or : plus vous voulez ralentir un cheval, et plus il lui faut de l'impulsion.

Je vous ai mis ci-dessous une vidéo que m'a aimablement envoyée Xavier. Nous le voyons donc chevauchant le beau Kenaz, que tous les assidus du forum connaissent au moins de réputation. Je ferais bien sûr quelques remarques sur ce que nous voyons. Kenaz galope sur le pied gauche. En regardant bien la vidéo, nous pouvons apercevoir que Kenaz est monté avec un gogue fixe. Mais, ce gogue n'est pas actif. Il a été retiré du mors. Disons que Xavier, qui semble aimer particulièrement cet enrênement (cf le forum à plusieurs endroits...), n'a pas eu le courage de l'enlever complètement entre le moment où il a longé Kenaz et le moment où il le monte... Nous pouvons constater également que la nuque n'est pas le point le plus haut chez Kenaz. Il est légèrement encapuchonné. Remettons les choses dans leur contexte : Kenaz est un pur-sang de 15 ans. Il a quitté les champs de course à 12 ans, est resté deux années sans vraiment travailler et fait le bonheur de Xavier que depuis un an ! Il a donc fallu au cavalier complètement retravailler l'équilibre de Kenaz. Du cheval de course, complètement en équilibre sur l'avant-main, en extension d'encolure, il lui faut maintenant ressembler à un cheval d'école... Il est donc tout à fait normal et non préjudiciable à la suite de son travail que Kenaz, à la recherche de son nouvel équilibre, n'ait pas encore fixé correctement son port de tête. Celui-ci devrait s'améliorer progressivement avec les progrès qu'il ne manquera pas de faire sous la selle de son cavalier.

Par contre, je vous demande de bien analyser la position de Xavier au galop : elle est très bonne ! Nous voyons un cavalier qui galope avec son assiette, son bassin, pas avec son buste ! Par son travail d'assiette, il cadence son cheval. C'est lui qui imprime la cadence que le cheval suit et non le contraire. C'est en cela que cette vidéo est très intéressante !

Vidéo provisoirement retirée...

Un premier exercice que je vous ai expliqué pour améliorer la qualité du galop est la succession de transitions. Arrêt - départ au galop - transition au pas - à nouveau départ au galop de l'arrêt ou du pas : voici une excellente succession d'exercices qui devrait améliorer la qualité du galop de votre cheval, à condition que chaque exercice soit individuellement correctement exécuté. C'est là que je reviendrai à l'importance de l'aide de la voix. Si votre cheval a correctement été préparé au cours de son débourrage à l'utilisation de cette aide primordiale, elle vous sera d'un grand secours, surtout dans les transitions descendantes. Quelles vont être les durées de vos temps de galop ? Il n'y a que vous qui pouvez répondre à cette question en étant à l'écoute de votre cheval. À quel moment allez-vous sentir que les bénéfices de la transition descendante et de l'arrêt vont s'estomper et que votre cheval risque de précipiter, déséquilibrer son galop ? C'est à vous de le sentir et de revenir à la transition descendante avant que votre monture n'ait eu le temps d'altérer son galop. Au début, les temps de galop risquent d'être courts. Plus votre cheval avancera dans son travail, et plus les temps de galop vont s'allonger. De plus, ce travail de transition galop - pas - galop est un excellent travail préparatoire au futur changement de pied.

Le deuxième exercice va vous aider à redresser votre cheval au galop. Je n'aborderai pas ici le travail du galop à faux, excellent exercice pour équilibrer et redresser un cheval, puisqu'il fait l'objet d'un chapitre spécifique. L'exercice que je vais vous décrire consiste à galoper votre cheval sur un cercle de 16 - 18 m environ, en lui mettant les deux bouts (bout du nez et hanches) vers l'extérieur. Par exemple, votre cheval est sur un cercle à main gauche au galop à gauche. Délicatement, vous vous positionnez dans les aides du galop à droite. Votre main droite va se baisser pour attirer le bout du nez à droite, vous allez vous asseoir davantage sur votre fesse gauche en reculant légèrement la jambe gauche pour lui amener les hanches à droite. Faites tout d'abord ce travail sur quelques foulées afin de laisser votre cheval se redresser de lui-même et étendre son galop. Vous constaterez par vous-même que ces quelques foulées de galop à gauche les deux bouts vers l'extérieur prennent énormément sur l'impulsion. C'est pour ça qu'il est bon de laisser votre cheval s'étendre au sortir de l'exercice. Au fur et à mesure que votre cheval progressera, l'exercice pourra durer plus longtemps pour finir par être fait sur le cercle complet. Il est bon, après avoir effectué ce travail sur un cercle complet, de laisser votre cheval se redresser en le laissant galoper sur une piste intérieure au grand côté du manège.


Shap montant Istel ©Shapounette

« Un des exercices les plus salutaires pour obtenir dans le galop la flexibilité, la rectitude et l'union de l'arrière-main et de l'avant-main, est l'épaule en dedans au galop, le long du mur. » Nuno Oliveira in « Notes sur l'équitation élémentaire ». Tous les exercices de deux pistes peuvent se faire au galop : épaule en dedans, appuyer, etc. À partir du moment où votre cheval sait faire ces exercices au pas et au trot, il doit les acquérir très vite au galop. Pour ces apprentissages, je procède de la même manière que je l'ai fait, au pas et au trot. Pour cela, je vous renvoie aux articles traitant de ces sujets. Pour l'apprentissage de l'appuyer au galop, je pratique souvent de la façon suivante : je double dans la longueur sur la ligne du milieu au pas. J'entame un appuyer au pas, et en restant dans l'appuyer, je demande le départ au galop. L'appuyer au galop est un exercice que les chevaux exécutent relativement de bonne grâce, tant il est vrai qu'ils sont proches d'une attitude qui leur convient tout à fait : se traverser.