Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

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Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Lun 2 Jan 17 08h39

Version corrigée et augmentée :

Les aides et les signaux

Les aides « aident le cheval » à faire ce qu’il ne sait pas encore vraiment faire, comme leur nom l’indique. Les aides sont le propre de l’équitation, de l’art de monter à cheval, dans le sens qu’elles sont les moyens d’action du cavalier sur sa monture. Elles participent d’un langage franc et explicite, international, et qui ne demande pas trop d'explications, sauf peut-être une adaptation limitée dans leur forme et leur intensité à chaque race de chevaux. Les aides les plus naturelles sont les sons de la bouche : le « BRRRRR » des allemands qui ralentit le cheval vers le pas, le « OOOOOHHH » des portugais qui calme, le claquement de langue qui impulsionne, etc. Ensuite, nous avons l’attitude dominante du dresseur qui apparait sur de lui et avance sans hésiter en projetant une image surdimensionnée. La communication mentale transmise par des images que le cheval comprend très clairement quand elles sont supportées par une intention bien claire (Beudant la pratiquait sans aucun doute). Le pas vers l’avant de l’humain a pied qui fait s’éloigner la croupe ou les épaules du cheval en l’intimidant discrètement et l’attire vers lui en reculant pour se servir de sa curiosité naturelle.

Les autres aides (actions de cravache, de main, de jambes, d’assiette) commencent toutes par des effets aversifs que le cheval apprend très vite à éviter. Ce système correspond parfaitement a l’éthogramme du cheval qui avance avec curiosité et un gai abandon de poulain et apprend très vite que l’objet de son intérêt peut mordre ou tapper (coup de pied mesuré ou de dent de sa mère, puis de ses congénères du même âge, qui lui intiment le respect). Pour employer les termes scientifiques du conditionnement opérant, l’éducation commence par une punition positive (un événement aversif), suivi par un renforcement négatif (la disparition de cette punition). Le cheval comprend très bien le renforcement positif (la récompense), mais seulement après avoir appris à éviter les aversifs. Le coup de talon est un aversif dont le cheval enregistre immédiatement le besoin de ne pas être répété la foulée suivante. Aller de l’avant évite cet aversif et est donc un renforcement négatif, puis la caresse qui s’ensuit immédiatement est le renforcement positif (la récompense). C’est cette chaine de comportements naturels et tres rapide qui crée la fondation du langage équestre entre l’homme et le cheval.

Si les aides sont répétées à chaque nouvelle demande avec une intensité moindre, elles deviendront alors un moyen d’éducation renforcée. Par exemple, une aide de poids bien marquée équilibre le cheval dans une position propice à une certaine action et la demande aura alors toutes les chances de produire l’action désirée (« Placer, Demander, Laisser-Faire » – Baucher, Beudant). Éventuellement, le moindre changement d’équilibre du cavalier dans le même sens suffira à indiquer au cheval ce qu’il doit faire.

Le cheval apprend par anticipation : si le cavalier utilise une force au niveau 7 deux ou trois fois de suite, le cheval saura ce qui va arriver ensuite des que l’intensité de l’action du cavalier atteindra 5, puis 3, puis avant même que le niveau 1 ne soit exprimé. A ce moment la, la simple idée de l’aide devient un signal imaginé, compris et anticipé par le cheval qui sait ce qu’il doit faire et le fait d’autant plus volontiers que la demande n’est plus imposée mais suggérée (quoique qu'impérative). Les chevaux fin de nature (et ceux qui ont été affinés par le dressage) comprendront une aide au niveau 3 et passeront tout de suite a un niveau entre 0 et 1.

Autre exemple : « L'aide de la rêne extérieure redresse le cheval en plaçant les épaules devant les hanches » (L’Hotte, Steinbrecht). Cela crée « la position droite », mais cela n’apprend pas forcément au cheval à se tenir droit. Il faut donc lui apprendre physiquement à fonctionner droit de lui-même, c'est-à-dire avec des gestes symétriques en durée et en amplitude, plutôt que dans une rectitude de position forcée par le carcan des aides appliquées constamment. Oliveira décrivait le cheval droit comme « celui qui pouvait faire deux petits cercles égaux, en cadence, avec des aides égales [en fait en descente des aides dans son esprit] aux eux mains et aux trois allures ». Il concevait bien la rectitude comme le résultat d’un fonctionnement plutôt que d’une position.

C’est la que la vraie éducation commence : le fonctionnement inné, asymétrique, du système nerveux du cheval doit être modifié : le cheval doit être conduit à se tenir droit (« d’aplomb ») en accélérant l’antérieur le plus lent des deux à quitter le sol plus tot et en allongeant le geste de celui qui atterri le plus vite, etc. Tout cela se fait par des attouchements du stick au bon moment, directement sur la jambe en question. Cela parait compliqué, mais en fait ces trois facteurs se tiennent l’un l’autre (le penchement du corps d’un cote et l’inégalité d’amplitude et de durée du geste de chaque antérieur).

La récompense naturelle, intrinsèque, est au bout de ce travail parce que l’alignement vertical avec la pesanteur est l’idéal mécanique de la vie sur Terre. Le cheval devenu d’aplomb y trouve son compte : ses vertèbres dorsales sont libérées de la pression qu’imposait une position penchée, les muscles intercostaux plus contractés du coté penché se relâchent et permettent au poumon de ce coté de respirer plus à fond, la menace inhérente d’une perte d’équilibre, même très partielle, est supprimée. Le cheval précautionneux ose avancer et le cheval ardent retrouve son équilibre qui lui permet une meilleure cadence dans le calme. L’aplomb aide à la fois l’impulsion et l’équilibre.

Si les aides ne sont pas manipulées de cette manière degressive par le cavalier et si une vraie éducation n’a pas lieu, elles devront continuer avec la même intensité. Le cheval ne se prendra pas en charge et continuera à avoir besoin du secours du cavalier qui entrera dans le cercle vicieux du micro-gouvernement. Il est même possible que ces aides deviennent progressivement et insensiblement plus fortes dans le temps pour un cavalier dont le cheval ne comprend pas ce qu’on lui veut car aucun recours n’est fait à son intelligence et sa sensibilité. Il continuera à suivre bêtement et sans enthousiasme des ordres pour un programme auquel il ne participe pas mentalement car il n’y est pas adapté physiquement d’une manière optimale.

Les signaux qui ont évolué depuis la diminution des aides originales « signalent au cheval », c’est à dire l’informent de ce qu’il doit faire immédiatement (et qu’il a déjà appris à accomplir dans une phase éducative précédente). Les signaux sont la preuve du dressage avancé, c’est-à- dire de l’art de dresser le cheval, plutôt que de la simple équitation. Les signaux représentent un « code », un langage appris et propre à chaque dresseur et à chaque cheval. Les chevaux dressés dans le même système sont montables par tous les cavaliers éduqués qui ont appris ce système. Il faut bien se garder de rendre le code indéchiffrable ou personne ne pourra monter le cheval autre que son dresseur. Autant que possible, le code doit rester proche des « aides naturelles » en respectant leur esprit afin d’assurer les plus grandes chances de compréhension par le cheval des intentions et désirs du cavalier.

Une fois que les aides ont été diminuées jusqu'à leur expression la plus symbolique, elles deviennent ces signaux à peine perceptibles. C’est ce qui correspond a l’idée de Beudant qui insiste sur le fait que le cheval est toujours capable de comprendre n’importe quelles aides, même contradictoires, MAIS les siennes étaient bien expliquées (ponctuelles, efficaces, en diminution constante). Ces aides la étaient passées au stade de signaux appliqués a un cheval éduqué qui avait compris et accepté les indications d’un dresseur rigoureux dans sa méthode et subtil dans l’application. C’est cette rigueur dans l‘évolution des aides vers des signaux imperceptibles, associée a une éducation détaillée du mouvement des membres, qui ont permis à Beudant de présenter des démonstrations d’une complexité inimaginable à d’autres cavaliers privés d’un vrai système d’éducation et de communication.

L’usage exclusif d’aides qui ne diminuent jamais, n’éduque pas le cheval. C’est du « micro-gouvernement » qui ne donne pas au cheval l’opportunité d’exploiter ses moyens propres d’une façon indépendante, complète et enthousiaste. C’est l’inverse de « la liberté sur parole » qui est la marque de la légèreté, mais aussi de l’activité, de l’équilibre et de la coopération, toutes nécessaires a la pratique optimale d’un sport équestre sérieux. En effet, un cheval manipulé est toujours en retard d’un métro par rapport à sa tache : le temps pour le cavalier de penser à l’aide nécessaire, de l’appliquer en espérant qu’elle soit acceptée, pour le cheval de la comprendre et d’obtempérer, et le moment d’exécution adéquat est passé depuis longtemps. À l’obstacle, en tauromachie, sur un cross-country, en course, le cheval doit avoir été éduqué à réagir comme il faut (c’est à dire que ses moyens neuro-musculaires ont été développés au delà de ses capacités naturelles), convaincu de faire ce qu’on lui demande par l’opportunité de bénéficier de « récompenses intrinsèques » (meilleur équilibre qui rassure, déblocage musculaire qui libère, approbation hiérarchique qui encourage) et soit maintenant devenu digne de la confiance de son cavalier.

La micro-éducation est bien différente du micro-gouvernement. Elle sert à augmenter les possibilités du cheval qu’il pourra ensuite exploiter au gré de sa propre initiative, du moment que celle-ci suit *Le Plan* du cavalier. Celui la est le cheval qui connait son métier, qui a augmenté son agilité, sa proprioception, ses réflexes, son amplitude, sa technique, son style, sa grâce et son plaisir de faire ce qu’il fait. « Le cheval qui se plait dans son air » (L’Hotte) ne peut se comporter ainsi qu’en ayant été profondément éduqué.

Ed Bailey, le grand démonstrateur du Conditionnement Opérant, a travaillé sur des milliers d’animaux appartenant à des centaines d’espèces différentes. Les résultats ont été étonnants par leur efficacité et leur complexité. Par exemple, les singes qui ont été dans l’espace, les dauphins qui ont aidé la marine américaine en pleine mer, les poulets de certaines entreprises de publicité, ont tous travaillé de par eux-mêmes, sans aides continues et contraignantes, et sans jamais perdre le fil de leur scénario appris longtemps avant une performance dont le succès était crucial a leur « employeurs ». Un cheval de tauromachie ou de concours complet doit absolument fonctionner de lui-même, sans éviter la difficulté, sans se tromper, sans rechigner. S’il a été préparé correctement, il fera son travail « les oreilles en avant ».

Parce que les cavaliers montent sur les chevaux, et ont un contact physique continu avec eux, ils ont un problème bien particulier par rapport aux dresseurs d’autres espèces animales. Cette intimité des corps, que les espagnols appellent si justement « la compénétration » - le rapport intime - qui définit la qualité essentielle de leur race de chevaux, demande une acceptation physique par le cheval de toutes les actions du cavalier. Au début du dressage, les aides compliquent les choses car elles peuvent être a la fois utiles et néfastes : les actions de poids sont a la fois volontaires et involontaires, les mouvements d’assiette peuvent bloquer le dos, les pressions et attaques des jambes et des éperons contractent les flancs au début et les actions de main raidissent tout le corps car elles imposent une réaction des pieds du cheval qui restent au sol un peu plus longtemps, juste pour stabiliser son corps et résister ainsi aux actions du cavalier qui menacent la sécurité de son équilibre. Les résistances qui apparaissent comme venant des actions de main commencent en fait dans les appuis au sol.

Les aides doivent donc être acceptées pour pouvoir éduquer le cheval, puis disparaitre afin de laisser le cheval faire son travail sans interférences négatives. Cela veut dire que le cheval doit être éduqué a travailler seul et être gouverné par de simples signaux réduits a leur plus petite expression physique. Cela ne signifie pas que les aides doivent toujours être légères et délicates durant toute l’éducation du cheval, mais qu’elles doivent devenir immatérielles éventuellement, au fur et à mesure que le cheval comprend, apprend et accepte l’idée proposée et imposée par le cavalier-dresseur.

Les « aides invisibles » le sont car les mouvements du cavalier deviennent synchronisés avec ceux du cheval. Le cavalier est actif et se déplace par rapport au sol autant que le cheval le fait, mais en fait bouge très peu par rapport à celui-ci. Les signaux appris aident beaucoup à arriver à ce résultat car ils réduisent le besoin du cavalier de bouger indépendamment de son cheval. Les aides ne servent plus alors que comme des moyens de moduler les actions du cheval (une foulée plus haute, plus longue, moins longue, plus cadencée ou avec plus de tride).

Pour rendre le cheval plus agile tant mentalement que physiquement, il faut donc apprendre à partager un langage complexe avec lui : des aides fortes qui sont bien tolérées et d’autres très discrètes qui sont obéies, des signaux toujours compris mais qui peuvent être multiples (par exemple demander les changements de pied par la jambe intérieure ou par la jambe extérieure, mais toujours déterminés par l’assiette), des mouvements qui peuvent être modulés (un tout petit changement de pied en accord avec le geste d’un galop raccourci, ou un autre exprimé avec tout la brillance d’un mouvement de haute école qui reste équilibré). Cette approche à facettes multiples produit « le cheval polyglotte ». C’est dans cette forme de dressage que réside le vrai plaisir de la « conversation équestre » avec un cheval qui a les moyens linguistiques d’y participer.

Bonne année, JPG
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar Laurent » Jeu 12 Jan 17 17h23

Si constater qu'un membre se traîne est relativement facile à pied, est-ce aussi facile quand on est sur le cheval ? ne peut-on pas se tromper d'interprétation ? exemple : penser que c'est l'antérieur gauche alors que c'est le postérieur gauche ou inversement.
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Jeu 12 Jan 17 18h25

Laurent a écrit:Si constater qu'un membre se traîne est relativement facile à pied, est-ce aussi facile quand on est sur le cheval ? ne peut-on pas se tromper d'interprétation ? exemple : penser que c'est l'antérieur gauche alors que c'est le postérieur gauche ou inversement.



le membre qui est "en retard" est toujours le meme, qu'on soit a pied ou a cheval, donc on remplace l'ation du stick utilise a pied par celui de la jambe/eperon quand on est a cheval. (action d'arriere en avant, comme ca a ete fait depuis Fillis).

D'autre part, l'action (ou le manque) du posterieur reflete toujours celui de l'anterieur. Il faut donc commencer par la. Le retardement peut etre lateral ou diagonal ou les deux mon general. Si le delai de l'anterieur est a l'avant du geste (generalement le gauche), le delai/manque d'action du posterieur diagonal sera dans la poussee. Si le delai se produit dans la phase posterieure du geste (generalement le droit), le delai sera dans l'engagement.

Quand on en arrive au stade suivant/monte et qu'on n'est pas sur de soi, un avis eclaire d'une personne a pied, un mirroir bien place ou une camera peuvent faire l'affaire.

Je develope en ce moment une technologie portable qui fera tout ce travail d'analyse et de correction automatiquement - pour les gens et pour les chevaux. Investors welcome.

Bonne journee, JPG
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar Euclides » Ven 13 Jan 17 14h13

bonjour JPG,

encore un article très intéressant, merci pour ce partage.

Il m'a fait immédiatement penser à un ouvrage que je lis en ce moment de Carlos PEREIRA "Equitation Classique, le langage des aides".

Je ne connais pas son l'auteur, mais l'ouvrage est assez intéressant. Il expose une analyse proche d'une thèse sur le sujet du langage entre le cavalier et son cheval par les aides de l'équitation classique.



Notamment, que le modèle de l'équitation classique est à la fois un modèle biomécanique (la nature du même du mouvement du cheval est un forme de communication) et un modèle sémiotique (basé sur des signes/signaux pour définir un mode de communication).

Il appelle cela la sémiotricité.

Tout cela s'appuie sur des travaux d'auteurs naturalistes (comme Darwin par exemple), biologistes, comportementalistes et l'auteur fait des analogie à des domaines comme la recherche scientifique, le sport, etc.

Il explique également que les aides sont définies sur le principe qu'une valeur existe car une ou des valeurs antagonistes existent également dans la compréhension du cheval :

- Le cheval comprend l'effet d'ensemble parce qu'il comprend la descente des aides.

- Le cheval comprend l'ordre du galop parce qu'il existe l'ordre du pas.

- Le cheval comprend résistance parce qu'il y a cession etc.

Il sensibilise également sur la recherche de la finesse d'exécution des aides jusqu'à la nullité de leur usage dans la recherche d'un cheval proactif, ce qui permet d'améliorer l'intimité du langage corporel entre le cavalier et le cheval et obtenir une équitation "de haut niveau" par les airs de haute école.

Il s'appuie sur des maitres de l'équitation classique comme de Andrade, Luis Valencia, Nuno Oliveira et une analyse de fond sur le bauchérisme.

En fin d'ouvrage, il propose des "partitions" à travers une modélisation qui a pour objectif la description du langage des aides pour réaliser les mouvements de l'équitation (piaffer, départ au galop, changement de pied, reculer, etc). Concept intéressant mais qu'il faudrait à mon avis approfondir.

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Une autre remarque sur la citation de Beudant à propos des "aides contradictoires".

Je me suis posé la question quand j'ai lu Valerine sur la signification, plus exactement la raison de cette phrase. pourquoi Beudant évoque la notion de contradiction alors qu'il réalise TOUT ce qu'il souhaite obtenir de son cheval.

Je me suis demandé si il n'a pas voulu faire allusion au principe "main sans jambe, jambe sans main" qu'il défendait ardemment tout en reconnaissant que parfois il se sentait obliger d'associer les aides supérieures / inférieures pour obtenir certains mouvements.

Je me suis longtemps questionné sur le sens de cette phrase, d'autant que je recevais par divers enseignements que les aides supérieures et inférieures doivent en quelque sorte se soutenir mutuellement. Je me souviens des "jambes ajustées" que me demandait Patrick Le Rolland lors d'un stage.

Jusqu'au jour où j'ai découvert une définition lumineuse du général Decarpentry dans son petit livre "passage-piaffer" sur le principe main sans jambes, jambes sans main" : il ne faut pas augmenter l'intensité d'une aide supérieure/inférieure lorsque l'aide antagoniste inférieure/supérieure augmente la sienne pour agir sur le cheval.
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Ven 13 Jan 17 22h53

Les aides contradictoires chez Beudant sont, par exemple :
Main sans jambes (équilibre), jambes sans main (impulsion),
ET Main sans jambes….. (légèreté ET impulsion par l’activité des membres associée a la mobilité de la machoire/langue)

J’ai eu une conversation récemment avec Carlos Pereira sur le sujet du langage, ce qui est un peu la raison qui m’a pousse a écrire sur le Cheval Polyglotte. Il m’a parle d’un livre moyenageux « La Coïncidence des Opposes » par le theologien Nicholas de Cusa

Je vois les choses plus simplement . Ma référence a « Mains sans jambes » veut bien dire des effets opposes avec apparemment les mêmes aides (la main qui donne impulsion ET légèreté/équilibre) , donc un cheval polyglotte qui apprend et comprend des langages differents (plusieurs manieres de dire la meme chose, les unes etant explicites et le autres plus subtiles. Il faut cependant comprendre que Beudant utilise une aide unificatrice qui est prépondérante : c’est l’assiette qui fait avancer (ou arreter) le cheval par son mouvement imperceptible a l’œil de l’observateur, mais pas au dos du cheval.

L’idée de la main et des jambes comme aides uniques et séparées est une idée abstraite d’auteur, pas une réalité de dresseur.

Par contre, je passe beaucoup de temps a apprendre au cheval des idées opposées (et pas seulement symétriques) les unes aux autres :
Cadence et tride ;
Vitesse et lenteur ;
Rassembler et extension ;
Décontraction et appui/contact (« dans la main » et « sur la main ») ;
Elevation et abaissement de l’encolure ;
Effet d’ensemble et descente de jambes ;
Galop juste et galop a faux ;
Galop a faux et changement de pied ;
Changements de pied sur l’aide d’une jambe ou de l’autre ;

Par contre l’idée que le cheval comprend un antagoniste grâce a sa familiarité avec l’agoniste est un rêve que je n’ai jamais vécu dans la réalité. Un cheval peut être préparé au galop équilibré par le pas rassemblé, mais il doit apprendre le galop séparément (galop depuis le trot), puis la transition vers le galop, puis la transition du galop vers le pas. Je n’ai jamais vu un cheval déduire une chose d’une autre. En fait, croire qu’un cheval connait une idée qui ne lui a pas été enseignée directement mènera sûrement a un futur problème et une surprise désagréable.


Le reste plus tard, les juments ont faim,

amicalement, JPG
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Sam 14 Jan 17 06h36

Euclide a écrit:Je me suis demandé si [Beudant] n'a pas voulu faire allusion au principe "main sans jambe, jambe sans main" qu'il défendait ardemment tout en reconnaissant que parfois il se sentait obliger d'associer les aides supérieures / inférieures pour obtenir certains mouvements.
Je me suis longtemps questionné sur le sens de cette phrase, d'autant que je recevais par divers enseignements que les aides supérieures et inférieures doivent en quelque sorte se soutenir mutuellement. Je me souviens des "jambes ajustées" que me demandait Patrick Le Rolland lors d'un stage.

Jusqu'au jour où j'ai découvert une définition lumineuse du général Decarpentry dans son petit livre "passage-piaffer" sur le principe main sans jambes, jambes sans main" : il ne faut pas augmenter l'intensité d'une aide supérieure/inférieure lorsque l'aide antagoniste inférieure/supérieure augmente la sienne pour agir sur le cheval."


Les aides séparées marchent très bien pour éduquer le cheval, mais elles ne suffisent pas pour beaucoup de cas de dressage.

Disons d’abord que l’assiette est toujours en jeu pour toute l’équitation. Elle peut être exagérée ou discrète, mais elle est toujours active et déterminante du choix de l’allure, de sa direction, de son tempo, de son amplitude. Les aides ne sont donc jamais complètement séparées si nous considérons que l’assiette est incontournable. Les anciens n’en parlent jamais car elle est évidente de par soi même.

Si nous voulons engager le centre du cheval, c'est-à-dire créer une « tension positive » de la ligne du dessus, son élongation qui implique le raccourcissement de la ligne du dessous, si nous voulons engager le garrot pour qu’il se recule et s’élève, si nous voulons le pousser vers la main pour que l’encolure puisse s’arquer, la nuque se plier, la mâchoire se relâcher, il nous faut un moyen pour tenir le devant (« la main fixe ») et pousser. Le mot le plus employé dans tous les manèges du Portugal était « Poussez !». C’est une poussée passive et tranquille de l’assiette, mais elle est opposée à une main fixe. Donc « opposition des aides ».

Un cavalier d’obstacle utilisera les « jambes ajustées » dont vous donnez le crédit a Patrick Le Rolland afin de s’assurer que le cheval ne ralentit pas, mais se servira de sa main pour ajuster l’équilibré ou la longueur de la foulée (« foulée décroissante » de d’Orgeix).

Dans tout le travail latéral, nous aurons besoin « d’aides accordées » dans le timing et « composées » dans leurs effets : assiette chargée d’un cote pour le pli, mouvement du bassin pour la direction, jambe d’impulsion, rêne extérieure pour l’angle, etc.etc.

Donc dans l’équitation, nous avons des « aides séparées » (éducation), des « aides opposées » (rondeur), et des « aides accordées » (travail latéral, etc. )

Simplifions, mais pas plus qu’il n’est possible de le faire

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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar Laurent » Dim 12 Fév 17 12h56

JPG, tu peux nous parler un peu plus de la technologie que tu développes ? c'est super intéressant.
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Jeu 16 Fév 17 06h04

La technologie que j'ai développée s'appelle "Zeno" (l'effet Zen). C'est une très petite machine (portable comme une montre qui réorganise le système nerveux quand il déconne.

Exemple: j'ai travaille ce soir sur un cheval qui souffre de "shivers" (crampes incontrôlées des postérieurs qui se lèvent brutalement quand le cheval recule). Le cheval ne pouvait pas donner ses pieds pour être pares ou cures. Apres 3 séances de Zeno et d'endotapping combinées, le cheval a fait 50 pas de reculer de suite sans crampes. Il donnait ses pieds le premier jour. Il n'y a aujourd'hui aucun traitement connu pour cette maladie.

Nous avons aussi soigne un cheval qui tiquait a l'appui, un cheval qui ne supportait pas la séparation, une jument fourbue (amélioration de l'angle du paturon), une pouliche avec les cotes abimées (raide boiteuse), retournée a un pas normal en 20mn, une tendinite chez l'humain et une douleur chronique de "membre fantôme" chez un ampute (10 jours sans douleur après 2 mois de traitement - 10mn chaque fois), etc. etc.

C'est plutôt extraordinaire, mais nous cherchons encore les investisseurs pour le rendre commercial.

Voila, tu sais tout,

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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar Jean-Philippe » Jeu 16 Fév 17 11h13

La tendinite chez l'humain, c'était moi !!! :D

Tendinite depuis fin mai... Octobre, dîner avec JPG. Pendant ce dîner, il me met le Zeno sur la tendinite (là où elle était, je l'ai mis moi-même, belle tendinite de l'adducteur droit IRM à l'appui... Je ne voulais pas que JPG mette ces mains n'importe où !). Le repas terminé, je retire le Zeno, me lève, et oh miracle, plus aucune douleur, mais aucune de chez aucune !!! Et croyez-moi, je l'ai cherchée ! En vain !
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar Laurent » Sam 18 Fév 17 21h37

C'est génial. Trouver des investisseurs est ce qu'il y a de plus simple avec le crowdfunding. Il n'y a que l'embarra du choix. Tu peux aussi faire préfinancer la production comme ont fait Pixio.
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Re: Les aides et les signaux: le Cheval Polyglotte

Messagepar JPG » Dim 19 Fév 17 18h15

Laurent a écrit:C'est génial. Trouver des investisseurs est ce qu'il y a de plus simple avec le crowdfunding. Il n'y a que l'embarra du choix. Tu peux aussi faire préfinancer la production comme ont fait Pixio.



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