Le tempo, l’équilibre, la rectitude, l’aplomb, les flexions

Vous avez un problème qui se rapport à votre cheval, à son travail, à son éducation, à son bien-être, n'hésitez pas, cet espace est pour vous...

Le tempo, l’équilibre, la rectitude, l’aplomb, les flexions

Messagepar JPG » Mer 23 Nov 16 21h38

Le manuel allemand note que la symétrie dans l’allure (surtout le trot) est définie par deux foulées diagonales de même longueur et de même durée. D’autre part, la fameuse « échelle de progression » aujourd’hui adoptée par presque tous recommande d’obtenir la relaxation du cheval exprimée par un rythme symétrique et un tempo assez lent et régulier de l’allure (« Losgelassenheit »), alors que la même échelle considère la rectitude, très bizarrement, comme le dernier échelon avant le rassembler. Je considère l’aplomb comme la première nécessite de dressage du cheval après qu’il ait appris à avancer et à s’arrêter.

Le principe fondamental du dressage exprime par le General L’Hotte est : « Calme, En Avant, Droit. ». Le principe allemand correspondant de Gustav Steinbrecht est « Mets le cheval droit d’épaule et de hanches et monte le en avant. » Le procédé de L’hotte pour obtenir ce but est de « toujours mettre les épaules devant les hanches. »

Cela revient donc à vérifier le placement des épaules et leur bonne locomotion D’ABORD. Cela demande de l’impulsion (désir d’avancer et de répondre aux demandes du cavalier), mais pas forcement un grand degré d’énergie et de vitesse.

Si on prend l’exemple d’un train, il est facile d’aligner tous les wagons en les tirant depuis l’avant, mais il est pratiquement impossible de le faire en les poussant depuis l’arrière si il ya un tournant à négocier ou si l’alignement est défaillant du a un joint fautif (une résistance du dos ou une déviation de la colonne chez le cheval). Quand on pousse derrière une avant main (du train ou du cheval) qui n’est pas parfaitement alignée, tout déraille très vite.

De ce que nous avons déjà observe, le cheval est par nature non aligne : il dévie la croupe d’un cote, une épaule de l’autre, l’encolure de l’autre et finalement la nuque de l’autre. C'est-à-dire : deux déviations a gauche (par exemple postérieur gauche et base de l’encolure) et deux a droite (épaule droite et nuque). Elles s’annulent donc et le cheval non monte fonctionne très bien ainsi. Une fois monte, tous se complique car le cavalier ajoute ses propres asymétries au problème. Les actions de main, d’assiette et de jambes augmentent les problèmes si le cheval n’est pas complètement égal des deux cotes dans ses réponses aux aides (le cas de pratiquement tous les chevaux).

Cette asymétrie de posture a un effet sur la locomotion dans le sens qu’une épaule, plus en arrière que l’autre, donc plus chargée que l’autre, passe plus de temps au sol que l’autre. Dans cet exemple, la droite. Sa foulée est plus lente à décoller et plus rapide à retourner au sol, a moins d’ampleur et mois d’élévation que l’autre. Beaucoup ne peuvent pas le voir dans une allure normale, mais ca devient très évident dans le piaffer (moins de vitesse et d’élan pour masquer le problème) ou le pas espagnol (une demande de mouvement tendant vers la limite de l’athlétisme du cheval, donc la limitation de l‘épaule « courte » apparait immédiatement a tous les spectateurs un peu attentifs).

La correction la plus facile du problème est de reprendre la situation à l’ envers par le travail à pied avec un stick:
1/ corriger le pose trop long en demandant que l’antérieur droit se lève plus vite (timing)
2/ insister pour que la foulée s’allonge en gardant cet antérieur en l’air plus longtemps
3/ corriger la posture en replaçant la base de l’encolure au milieu des épaules (flexion de l’encolure à droite qui repousse sa base vers la gauche.

Ce dernier travail peut être facilite par des séances de kinésithérapie qui relaxera le fascia de l’épaule droite a sa jonction avec l’encolure.

Cette méthode :
1/ suit le conseil de l’Hotte (replace l’épaule droite devant la hanche droite), et de Steinbrecht (redresse le cheval avant de le pousser en avant en augmentant la puissance des postérieurs : « équilibre avant le grand mouvement (les allures vives), en utilisant le petit mouvement (égalisation des foulées des antérieurs en réécrivant le logiciel musculaire du cheval) ;
2/ corrige l’aplomb (le pied droit n’est plus positionne sous la poitrine un peu vers la gauche et l’arrière). Les tissus et articulations de ce membre ne sont plus surcharges, donc on évite une boiterie éventuelle ;
3/ élimine les contractions de l’épaule droite, qui tirait l’encolure vers le bas, donc faisait peser le cheval a la main. Cela supprime aussi les tiraillements vers le haut des muscles des épaules en contraction spasmodique sur les tendons des membres. Cela évite ainsi le syndrome des talons « hauts/bas » et réduit même la gravite des pieds bots ;
4/ replace le garrot au milieu des deux épaules, ce qui le relaxe et lui permet de remonter ;
5/ par conséquence, replace la base de l’encolure (C6/C7) au milieu de la poitrine ce qui permet un pli facile à droite, précédemment difficile ;
6/ l’anxiété du cheval diminue car il est maintenant « en accord avec la pesanteur » ;
7/ il respire mieux car les muscles du cote droit de la poitrine ne sont plus restreints et peuvent se relaxer pour permettre l’inspiration du poumon droit ;
8/ l’encolure précédemment inversée peut s’arquer car les mastoidaux-humeraux ne sont plus en extension forcée (surtout le droit) ;
9/ Les flexions de la nuque et de la bouche sont imminentes, tant grâce a l’amélioration mécanique de la posture que par la relaxation générale (emotionelle et musculaire) toujours exprimée par la salivation, la déglutition et l’ouverture des mâchoires ;
10/ tout cela constitue une récompense intrinsèque considérable (équilibre, relaxation, respiration, organisation biomécanique qui facilite de meilleures allures, plus rapides, plus faciles et plus agréables pour le cheval). Il y trouve donc son compte.

L’utilité des flexions par rapport à la locomotion

La flexion de la mâchoire est un reflet de la relaxation générale. Elle se manifeste par l’ouverture des mâchoires, la déglutition, la salivation. Ce reflexe de relaxation est le même chez tous les mammifères, y compris l’humain.

La flexion de la nuque (jointure atlas/axis) a un effet de déblocage et de redressement sur toute la colonne vertébrale, jusqu'à l’articulation sacro-iliaque.

La flexion latérale de la base de l’encolure remet le cheval d’aplomb en repoussant le poids sur l’épaule extérieure quand l’épaule intérieure est surchargée comme elle l’est sur toutes les courbes.

LA flexion latérale du dos supprime la pression sur les apophyses des premières vertèbres dorsales (le garrot) et relaxe tous les muscles qui l’entourent.

La voussure légère de toute la ligne du dessus (son allongement) fait de même pour l’ensemble du cheval. Elle facilite la mobilité des membres, donc le rassembler. Avec tous ses bénéfices.

Toutes ces flexions n’ont de valeur que si elles sont pratiquées dans le mouvement en avant. Raabe suggérait de les pratiquer au pas et au petit trot après les avoirs obtenues a l'arrêt. Faverot et Beudant conseillaient « le ramener outre » pour les départs du reculer, le piaffer, les allongements et les appuyers.

Si le cheval avance les épaules dans la flexion qui recule la base de l’encolure, il aura toujours le mouvement ET l’équilibre.
JPG
 
Messages: 299
Inscription: Lun 3 Juin 13 09h37
Localisation: Lexington Kentucky USA

Retourner vers Et si nous parlions Equitation...

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron