La legerete a la mode

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La legerete a la mode

Messagepar JPG » Lun 23 Mai 16 01h12

J'ai ouvert l'autre jour le site de la communaute Equitation de tradition francaise. J'y ai lu des articles tres interessants de Patrice Franchet d'Esperey et d'autres qui m'ont fait assez rire (ou pleurer) comme on voudra.

Premierement, l'association des mots "francais" et "communaute de pensee" sont un oxymoron flagrant, car la seule chose sur laquelle deux dresseurs de chevaux tomberont d'accord, c'est ce que le troisieme fait d'errone. Bel effort de rassemblement tout de meme. On verra ou ca ira.

Les membres semblent etrent d'abord contre (la competition, l'equitation allemande, les enrenements, l'elitisme, l'abaissement de la nuque , etc. Tout ca ne donne pas une definition (si il devrait en avoir une). Je crois que l'idee d'une equitaiton francaise est peu un mythe car il y a plutot DES equitations DES francais, qui ont tous fait avancer le schmilblic, mias pas forcement dans la meme direction :)

Voyez La Gueriniere, D'Auvergne, Dupaty, Baucher, D'Aure, Jousseaume, Jonqueres d'Oriola, Michel Robert, Nicolas Touzaint, Lorenzo, Pignon. Il ne vont pas tous dans le meme sens, meme si ils finissent tous au. Pantheon equestre.

J'ai remanie un article que j'avais ecrit sur le rassembler et la permeabilite. J'y ai ajoute une petite piece sur la legerete, que voila. Le reste ira sur mon site francais que Jean Philippe m'a cree quand il aura le temps de s'en occuper. (merci JP)

LA LEGERETE

Il est de bon ton aujourd’hui de faire de la legerete l’Alpha et l’Omega du dressage, et particulierement de l’Equitation Francaise. On voudrait commencer et finir par des aides legeres et toute action de force est devenue injustifiable au bien-etre doctrinal des bien-pensants equestres.

La force (parfois) indispensable pour mettre en avant un cheval retif ou remetre a sa place un etalon aggressif (conseillee par Oliveira) et la violence sterile d’un cavalier qui perd son sang froid (reprouvee par Oliveira) sont des notions diametralement opposees. Il faut ce qu'il faut mais pas plus. On peut obtenir une flexion avec un doigt, mais si un cheval s'enracine, l'elegance n'est plus de mine.

Il faut d’abord comprendre que la rigidite du corps du cheval (sa resistance a nos demandes par contact physique) vient d’abord de la force de ses appuis au sol. Ses pieds lui servent a s’etayer contre une influence exerieure et il faut donc d’abord les faire bouger pour pouvoir mobiliser n’importe quelle autre partie du cheval (bouche, nuque, encolure,dos, etc.). Tom Dorrance (inspirateur du mouvement de l’Equitation Naturelle) repetait souvent: “maintenez la vie dans les pieds du cheval”.

Une fois qu'on a mobilise le corps du cheval en lui fasisant bouger ses pieds (l'approche la plus simple), le processus peut se reverser et on peut bouger ses pieds par l'action des mors. Un cheval deja sensibilise deviendra mobile depuis la bouche (les effets souhaites des renes), mais en premier chef, c'est plutot l'inverse qui est vrai. La mobilisation en place des Beudanistes mal eclaires ne donait pas beaucoup de resultats (dixit Oliveira qui les avait observes poliment).

Obtenir le mouvement est la base meme de la dominance et de l’education. Plus ces mouvements des pieds sont varies dans leur direction et leur amplitude et plus le cheval se relachera dans ses parties superieures (y compris sa tete), donc s’allegera en relation aux aides. Le pinnacle de cette mobilite est bien evidemment le rassembler qui mene au piaffer.

La mobilite et la legerete suivent une courbe parallele: un cheval qui refuse de bouger sera rigide dans tout son corps, un cheval qui ne se deplace que dans un seul sens (cheval perdant l’equilibre vers l’avant dans les grandes allures) sera aussi rigide dans son bout de devant. Par contre, un cheval trop assoupli sans qu'une mobilite de ses pieds n'est etee developee a l’egal sera completement ungouvernable.

Un cheval doit donc etre leger (flexible en reponse aux aides) pour etre dans un bon equilibre. Il doit aussi etre suffisamment rigide pour transmette les indications de la main jusqu’a l’arriere main (tourners, deplacement lateraux, reports de poids, etc.). Cet apparente contradiction est tres comprehensible au cheval a condition que notre progression de l’Ecole des Aides soit bien attentive aux rapports entre l’impulsion, et l’equilibre, la souplesse et la transmission de la puissance. La mollesse ne permet pas la transmission. Cela demande beaucoup de va et vient dans la demarche et une variabilite indispensable dans l'opportunisme de la puissance des aides.

La descente des aides (ou du moins leur considerable diminution), est chere aux maitres francais, mais en fait commune a toutes les equitations de qualite. Elle est basee sur un protocole educatif qui doit commencer par des aides explicites que le cheval peut comprendre aisement.

Le but de legerete que tout le monde souhaite attendre (au moins dans leur version personelle) est une notion relative au degre d’education du cheval et de sa bonne volonte. Appliquer des aides trop legeres a un jeune cheval qui ne demande qu’a passer au travers est un nonsense equestre.Cela ne peut que confondre un equide qui jusque la s’est servi de sa force et de son propre pouvoir d’intimidation pour survivre dans le troupeau. Par contre, continuer la lecon sans essayer de diminuer ses aides au plus vite empechera le cheval de faire l’effort de comprehension que nous souhaitons voir et le decouragera de cet effort par un manque evident de recompense pour sa bonne volonte.

La legerete de toutes les parties du cheval en reponse a toutes les aides (assiette, jambes, mains, cravache, voix, mouvements du corps) dans toutes les allures, courtes ou amples, paresseuses ou tres actives, est le but que doit se fixer tout bon dresseur. La legerete peut etre un point de depart a une lecon, mais elle n’est jamais une regle absolue. Elle est toujours ameliorable, mais doit etre developee en fonction du mouvement car chaque effort musculaire apporte un nouveau jeu de contractions qui la conprometrat. Elle doit parfois etre abandonee quand d’autres parametres doivent etre satisfaits d’urgence (obeissance, impulsion, direction, etc.).

Pensez a un cheval attache: il est leger et en descente des aides quand il ne tire pas sur sa longe (descente de main du poteau qui agit comme une main fixe). Mais si il tire, le poteau lui donnera une tonne de resistance immediatement.

La diminution des aides est le chemin uncontournable qui mene a la legerete. C’est la clef d’une education autant physique que cognitive. Le choix du degre d’intensite des aides (et leur accord) dans toute situation est le fruit du tact equestre, base sur l’experience (les echecs passes), l’observation des effets de nos actions et la reflection sur notre approche autant que l’intuition dans le moment. On ne devient forgeron qu’en forgeant beaucoup et souvent, intelligement et assidument. Le succes de l’equitation, comme de la guerre et de l’amour, depend entierement des reflexes de l‘executant.

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