Relations bouche / main

Vous avez un problème qui se rapport à votre cheval, à son travail, à son éducation, à son bien-être, n'hésitez pas, cet espace est pour vous...

Relations bouche / main

Messagepar Jean-Philippe » Lun 6 Avr 15 01h07

Il y a quelques jours, mon vénérable disciple Valentin montait le petit Laissez-Passer. A la fin de sa séance de travail, je lui demande ce qu'il en pense. Il me dit en faisant court : "en progrès mais, une bouche dure..." Je lui réponds en substance : "As-tu vu la semi-tension de mes rênes quand je le monte. Les rênes respirent comme disait Michel Henriquet..." Et sur ce, je lui raconte une anecdote vécue il y a fort longtemps chez Michel Henriquet justement.

J'ai eu à de nombreuses reprises le plaisir, l'honneur et l'avantage de monter le sublissime Miguelista. Il était d'une légèreté absolue ! Un plaisir absolu à le monter. Quand Michel a pris sa retraite, il a commencé à donner des cours. Mais, au début, il n'avait que ses chevaux à lui. Pas de chevaux d'instruction... Et j'ai a plusieurs reprises vu des cavaliers descendre de ce petit cheval en me disant en aparté dans la tribune : "J'avais 100 kgs dans chaque mains..."

Le cheval était le même, soit d'une légèreté remarquable, soit pesant comme une carne... Seul le cavalier changeait...

Et quelques jours plus tard, le petit (Valentin) m'envoyait le SMS suivant : "Merci, JP, pour la leçon sur la main..."

A méditer !!!
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Christopher Cunningham » Lun 6 Avr 15 14h14

Cher JP,

Tu balances un titre fleuve pour juste une anecdote... Très révélatrice au demeurant!

Espères-tu un développement édifiant (quitte à rappeler des incontournables que certains, du haut de leur monocle liront avec condescendance)?

On peut toujours y aller, en bonne compagnie...
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Jean-Philippe » Lun 6 Avr 15 14h45

Mon cher CC, ai-je l'habitude de mettre des choses sur le forum sans l’arrière pensée d'ouvrir une discussion, afin d'entrevoir des pistes de réflexions ???

L'anecdote est certes juste une anecdote, mais pas aussi anecdotique qu'on pourrait le laisser entendre...

Ça a visiblement fait réfléchir Valentin ! Alors, la réflexion publique est ouverte...
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Denis » Lun 6 Avr 15 20h14

deux options:
la plus sympa : le cheval habitué à une bonne main est très sensibilisé au contact et se défend immédiatement quand la donne change.
la plus hostile : le cheval qui n'est pas habitué à se détendre sur un contact franc et stable n'est pas vraiment perméable.
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Christopher Cunningham » Lun 6 Avr 15 20h53

Vieux Denis,

Ne faut-il pas remonter beaucoup plus en amont et partir de la source, équilibre, assiette, symétrie, schéma corporel, tuer le piéton, etc...

On peut faire un truc de quarante pages, dans l'intelligence (c'est-à-dire dans l'aveu de nos propres faiblesses).

On peut citer les maîtres (aucune honte à cela). On peut exprimer ses images personnelles (bienvenues).

L'équitation se pratique, à notre sens, sous le double signe de l'air et du feu, avec parfois des références à la terre, parfois à l'eau.

A plus.
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Denis » Lun 6 Avr 15 22h09

40 pages dans l'intelligence, ça va être dur :lol:

JP nous evoque la demi-tension, c'est certainement le prendre et rendre , prendre pour imposer le cadre et rendre avant la résistance ?
pourquoi les chevaux en question se mettent ils à résister, à peser ?
parce que les cavaliers en herbe restent trop longtemps en tension sur la bouche ?
parce que leur dos n'est pas assez ferme pour fixer la main et dissuader la résistance ?
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Christopher Cunningham » Mar 7 Avr 15 22h58

Que JP ne soit pas fâché, mais demie-tension au sens commun ne veut rien dire. Entre le PDC (poids du cuir) et 50 kg, la demie-tension correspond à 25 kg. Mais notre Jean-Philippe sait bien que "demie-tension" emporte plutôt une idée intelligente et raisonnée de l'usage de la main, savoir passer du béton à la crème selon les nécessités de l'instant. Sémantique équestre. Désolé d'avoir fait lever un sourcil au patron du forum.

Pour enfoncer une porte ouverte, la respiration des rênes évoque la respiration tout court. Contraction, relâchement du diaphragme. Cycle vital. Infime retrait (résistance) des épaules avec un rein qui dit "on peut en parler?", infime cessions des épaules avec un rein qui embraye en disant" carte blanche!" (Zut! je suis en train de paraphraser sans honte N.O....).

La main commence à l'épaule (ne regardez pas Glenn Gould, il était autiste). En amont, n'importe quel professeur de piano apprend à l'élève à s'asseoir.

S'asseoir c'est dur de chez dur. Le même poids sur les deux fesses, le même poids sur les deux étriers. Les deux mollets au même niveau. La main droite à droite et la main gauche à gauche, les deux à la même hauteur. Impossible sur un cheval qui ne sort pas d'un livre (Pompon a toujours une hanche plus haute que l'autre sur le droit pour nous foutre de guingois) et pourtant, il nous faut bien remettre chaque cheval dans le Livre. Plus ou moins...

Les résistances...

A quoi le cheval résiste-t-il?...
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Denis » Jeu 9 Avr 15 00h43

au fait Christopher, tu sais que l'animal qui correspond aux quatre éléments , c'est le dragon !

demi-tension , ça me parle bien : la rêne n'est pas tendue mais la bouche n'est pas abandonnée non plus

pour me motiver à avoir une main aimable, je pense à la langue du cheval, à ses barres , à ses dents, avant de penser à sa décontraction ou à ses résistances

après oui, il faudrait avoir une gestion parfaite de son corps : savoir exercer une force avec la main sans rigidifier le bras ni l'épaule, et inversement, rigidifier le dos sans rigidifier la main
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Re: Relations bouche / main

Messagepar JPG » Jeu 9 Avr 15 08h58

J'ai bien apprecie la sagesse de ce fil, surtout le dernier post de CC. Il merite un livre (ne vous inquietez pas, je ne vais pas l'ecrire :D )

Le rapport entre la main et la bouche est determine d’abord par l’equilibre du cheval, puis par l’equilibre du cavalier, en suite par le niveau d’education du cavalier et finalement part le niveau d’education du cheval, ou les quatre ensemble, comme on veut.

Un cheval dans un mauvais equilibre ne sera jamais leger, tant qu'il ne sera pas dresse, car il tombera toujours sur l’avant main et se heurtera donc a la main qui tente de le retenir,.

Un cavalier en mauvais equilibre tombera toujours vers l’arriere et se retiendra sur la bouche du cheval.

Un cavalier eduque se debrouillera pour ne pas se heurter de trop a la bouche d’un cheval, meme desequilibre, et le remettra en equilibre rapidement.

Un cheval eduque ne perd pas l’equilibre si le cavalier a un modicum d’abilite pour le rassembler ou le laisser en paix, sinon il redevriendra lourd. Mais si l’education a etee bien faite, le cheval sera souple dans son encolure, nuque et bouche et saura repondre aux eperons pour s’alleger.

Une impulsion suffisante associee au bon emploi des eperons sont les clefs de la legerete du bout de devant, donc de la bouche. Si le cheval y a ete dresse, il se relaxera sut le moindre effet d’ensemble des jambes/eperons et restera assez leger pour suivre la main ou qu’elle aille.

Dans le dressage il y a des moments ou il faut que le cheval s’appuie un peu pour des raisons temporaires de controle, d’impulsion ou de rectitude. A d’autres moments, le cheval peut etre dans le vide sur une rene et ”franchir” l’autre. Le reste du temps, le cheval peut etre leger et avoir une “connection sans fil” avec la main (“Jambes sans main”), ou un contact tres leger mais consistent (“Main sans jambes”, comme aux longues renes).

La legerete est toujours un but final, parfois un moyen, mais jamais une priorite absolue qui ne correspondrai pas a la pratique realiste du dressage.

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Re: Relations bouche / main

Messagepar Christopher Cunningham » Ven 10 Avr 15 11h33

Si toute action de main part de l'épaule (du cavalier) correspondante, donc du dos, si toute action impulsive de jambe part du bassin, donc du dos et si l'on admet que tout écart à ce principe risque de se traduire par le creusement du dos du cheval, on peut donner un nouveau titre à ce sujet:

La relation dos/dos.

:idea:
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Denis » Ven 10 Avr 15 22h52

ok avec ces propos

j'écoutais sur les ondes un ostéo (pour humains) qui disait qu'il y avait le mental, le corps et les émotions , mais qu'essayer de trier dans un disfonctionnement ce qui est du à l'un ou l'autre était impossible et une perte de temps, tout étant lié et interdependant. Ce qui veut dire aussi que les entrées possibles pour guérir peuvent être interchangées.
L'impulsion n'est elle pas une disposition autant physique que mentale ?
l'équilibre physique est il possible dans l'inquiétude ?

mon cheval force la main souvent en début de séance, quand il a envie de se carapater plutôt que de travailler
selon mon humeur je peux faire une leçon de main à pied et poursuivre en selle une réeducation à la main, entrée par le mental
ou bien le mettre au boulot au trot avec figures et transitions, entrée par le corps

il faut sans doute un peu des deux , plus ou moins selon le cheval
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Christopher Cunningham » Sam 11 Avr 15 12h40

Très pertinent, Denis!

Autre axe de réflexion (proche de ta pensée):

Je crois qu'il y a deux choses dans l'équitation: La Technique et la Stratégie.

La Technique sans la Stratégie ne sert à rien sauf à peut-être "utiliser" un temps compté un cheval déjà éduqué (par un autre). On finira par le gâcher.

La Stratégie sans la Technique ne sert à rien du tout.

Appliquer la bonne Stratégie sur le terrain suppose de ne pas s'entêter sur une idée, de savoir opérer un "repli stratégique" au besoin (revenir en arrière, décomposer, etc...).

Tout comme la guerre, l'équitation est une chose trop sérieuse pour être confiée (aux esprits) militaires...

Revenir en arrière et décomposer: Respecter l'intelligence du cheval.

Rien de nouveau sous le soleil, mais je crois qu'il faut toujours nommer les choses pour éclaircir la pensée.

CC
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Jean-Philippe » Dim 12 Avr 15 15h58

CC a écrit:La Technique sans la Stratégie ne sert à rien sauf à peut-être "utiliser"

"La sublimation de la technique par l'amour" disait Nuno Oliveira. Ça revient un peu au même. L'amour doit amener à réfléchir pour ne pas faire n'importe quoi...

C'est le prendre et rendre auquel je faisais allusion : mettre en "liberté" le cheval dans un cadre et agir pour qu'il n'en sorte pas. Actions ponctuelles, "fulgurantes", suivi de descentes de main. Mettre le cheval en liberté surveillée.

La légèreté du cheval ne peut, comme le dit JPG, qu'être relative. Relative à ses capacités physiques, relative à son niveau de dressage, relative également aux capacités du cavalier... Malgré cela, j'ai eu l'occasion de monter chez Lucien Gruss un demi-lourd qui n'était pas vraiment fait pour l'art équestre, mais qui était d'une légèreté absolue... Grâce aux capacités du dresseur...

Par contre, le cavalier doit être lui d'une légèreté absolue, c'est à dire n'utiliser que ce qui est nécessaire et suffisant ! Jamais plus, jamais moins également... Le cavalier est léger parce qu'il est capable d'avoir des aides ponctuelles et d'intensité nécessaire et suffisante. Je remets le cheval dans le cadre qui lui convient à son niveau d'éducation et je l'y laisse libre. Et s'il faut que mon action fasse 100 kg, elle le fera...

Attention également au bon réglage du mors ! En ce moment, le petit Laissepouille est dans un club : combien vois-je de mors trop larges déjà, ensuite remontant trop haut dans la bouche. Le mors doit venir délicatement au contact des commissures, pas plus ! Il y a quelques jours, un cheval était monté par sa propriétaire, complètement en bagarre avec la main. Je lui ai rallongé le mors de facilement trois trous de chaque côté et à la fin de la séance m'a dit : "Elle se défendait moins sur la main aujourd'hui"...
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Re: Relations bouche / main

Messagepar Euclides » Lun 13 Avr 15 01h01

bonjour,

je ne m'étais pas connecté au forum depuis plusieurs semaines, et je suis bien content de découvrir qu'un topic "Relations bouche / main" a été ouvert.

C'est de mon point de vue la touche philosophale de l'équitation : à la fois en tant que moyen mais aussi comme le but ultime - et aussi la signature de l'équitation "à la française" (quoique les compétiteurs hollandais s'intéressent beaucoup à présent à la qualité du contact avec la bouche el lorgnant sur nos principes de dressage).

Pourquoi ? Je pense pour plusieurs raisons :

- le contact est l'élément le plus important garantissant d'une bonne communication des aides du cavalier au cheval.
- la légèreté du contact garantit en tout circonstance que le cheval n'utilise pas les interfaces communicantes du cavalier pour palier à un manque d'équilibre.
- la légèreté du contact garantit la flexibilité de la mâchoire, qui de par l'anatomie de la langue et de son rattachement à la région de la nuque, garantit le bon étirement de la ligne supérieure par la flexibilité d'encolure, de la nuque.

Baucher s'est efforcé toute sa vie de décrire, préciser, affiner dans sa méthode la recherche d'un contact toujours plus léger. Au delà des moyens et des procédés auxquels on peut plus ou moins adhérer, on doit forcément s’interroger sur les raisons à cela, au vue du talent incommensurable de l'écuyer français, qui s'il n'avait peut-être pas tout compris, avait tout senti.

Comme le dit JPG, il peut y avoir au cours du dressage du cheval différentes formes de représentation de ce contact, plus ou moins léger en fonction de la période du cheval. Je crois comprendre que JPG a beaucoup travaillé avec des cavaliers de concours hippiques, il a du certainement dans ce contexte rechercher pour les besoins d'une bonne performance à l'obstacle une certaine qualité de contact, mais aussi une certaine tension musculaire garantissant le bon fonctionnement du cheval dans sa locomotion et dans l'orientation de ses forces impulsives pour l'exécution du saut.

Trop de cavaliers sont, je pense, dans la recherche de la légèreté dans le contact sans avoir garanti une bonne tension dans la ligne supérieure de leur cheval, ce qui fait que les chevaux, au lieu de "franchir les oreilles au dessus de la bouche", "recule les oreilles en affaissant leur base d'encolure". On peut malheureusement en faire le constat en regardant sur internet des videos représentant la pratique de "l'équitation à la française". Les chevaux sont souvent dans des allures molles qui ne représentent malheureusement pas une impulsion ralentie pour l'obtention du rassembler sous ces différentes formes (piaffer, passage, etc.).

Les chevaux de CSO doivent pouvoir sauter des obstacles en toute circonstance, ce qui suppose parfois de pouvoir se propulser sur des courbes. Dans ces conditions, pas question d'avoir une encolure "molle" et un cheval qui galope à côté de sa bouche dans les incurvations. L'avantage du CSO est que le juge de paix (l'obstacle) est beaucoup plus évident que le travail sur le plat, qui parfois pardonne des imprécisions ou des défauts, que la discipline de l'obstacle ne laisse rarement passée.

Il me parait clair de mon expérience personnelle, que la recherche de la légèreté dans le contact doit toujours être une priorité quelque soit l'attitude et le mouvement recherchés par rapport au cheval - de l'extension d'encolure jusqu'au rassembler complet. Si nécessaire, décomposer position et action et se rappeler la doctrine de l'école française : calme (toujours) PUIS en avant PUIS droit.

Ensuite, comme obtenir cette relation agréable avec la bouche du cheval ? Je pense qu'il faut arriver à concilier mobilité des doigts, fixité de la main et élasticité des coudes. Je garde à l'esprit les recommandations du commandant de Padirac dans l'échelle de progression des actions de main pour obtenir cette légèreté dans le contact : mobilité des doigts PUIS rotation des poignets (si nécessaire) PUIS élévation de la main (si nécessaire).

Les doigts doivent fonctionner avec une certaine mobilité, sans cependant nuire à la fixité de l'avant-main du cheval. Généralement, si le cheval manque de fixité dans le cadre de ces actions de main décontractantes, c'est que l'on agit d'avant en arrière ou que le manque d'impulsion empêche le cheval de basculer ses oreilles au dessus de sa bouche. Attention cependant à la situation inverse (trop d'action du cheval dans son mouvement), qui par une perturbation de l’équilibre du cheval génère le surpoids caractéristiques d'un cheval sur les épaules.

J'accorde énormément d'importance à tous les détails matériels susceptibles de me perturber dans la recherche de contact. Pour ces raisons, je monte toujours avec les mêmes gants (été comme hiver) les mêmes rênes (quitte à les passer d'un filet à un autre) et si possible avec la même embouchure (mors Chantilly avec rondelles pour encadrer le cheval dans les actions de rênes contraires et les flexions) les 5 ou 6 chevaux que je peux potentiellement monter dans mon écurie.
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Re: Relations bouche / main

Messagepar JPG » Lun 13 Avr 15 08h08

EUCLIDES: QUELQUES COMMENTAIRES SUR VOS IDEES

Euclides a écrit:C'est de mon point de vue la touche philosophale de l'équitation : à la fois en tant que moyen mais aussi comme le but ultime - et aussi la signature de l'équitation "à la française" (quoique les compétiteurs hollandais s'intéressent beaucoup à présent à la qualité du contact avec la bouche el lorgnant sur nos principes de dressage).


tout ca est vrai, c’est le but ultime, si la legerete a la main, c'est AUSSI la legerete aux jambes et a l’assiette avec des mouvements du cheval de n’importe quelle amplitude (du trot rassemble au galop allonge).

Euclides a écrit: Pourquoi ? Je pense pour plusieurs raisons :

- le contact est l'élément le plus important garantissant d'une bonne communication des aides du cavalier au cheval.
- la légèreté du contact garantit en tout circonstance que le cheval n'utilise pas les interfaces communicantes du cavalier pour palier à un manque d'équilibre.
- la légèreté du contact garantit la flexibilité de la mâchoire, qui de par l'anatomie de la langue et de son rattachement à la région de la nuque, garantit le bon étirement de la ligne supérieure par la flexibilité d'encolure, de la nuque.


le seul probleme avec cette notion de la legerete de la machoire qui doit relaxer tout le cheval est que toutes mes juments qui mangent toute la journee et vivent au pre en mastiquant, leur machoire evidemment relaxee, sont quand meme tres raides dans leur corps (je plaisante mais pas tout a fait). Je crois qur ca marche mieux dans l’autre sens: quand tout le corps est relaxe, la flexion de machoire devient la preuve irrefutable de la relaxation du reste du corps. Il faut que chaque moment de dressage AMENE a la legerete de la machoire (et la relaxaion la plus etendue possible) qui prouvera ainsi que l'exercice a ete profitable et que le cheval a appris quelque chose.


Euclides a écrit:Baucher s'est efforcé toute sa vie de décrire, préciser, affiner dans sa méthode la recherche d'un contact toujours plus léger. Au delà des moyens et des procédés auxquels on peut plus ou moins adhérer, on doit forcément s’interroger sur les raisons à cela, au vue du talent incommensurable de l'écuyer français, qui s'il n'avait peut-être pas tout compris, avait tout senti.


Il avait peut etre tout senti, mais les explications limpides lui ont manque. Raabe et Faverot ont certainement decortique tout ca mieux que leur maitre. Le probleme de Baucher c’est qu’il a voulu se distinguer de tout le passé equestre en prenant les autres pour des idiots, alors qu’en fait son inspiration avait ete de voir d’Abzac dans les rues de Versailles. L’equitation classiqe de La Gueriniere se servait d’effets generaux et d’une impulsion forte qui be resolvait peut etre pas tous les problemes, mais laissaient le cheval “entier”, fonctionnant d’une piece dans un but tres pratique. C'etait peut-etre un moyen frustre, mais ca reste le but final (le cheval fonctionnant d'une piece de par lui-meme (assez d'initiative), en accord avec le cavalier (assez d'obeissance) et surtout, en fin de dressage, sans le secours de procedes devenus obsoletes.

Je me souviens d’un tres bon ecuyer portugais, baucheriste assidu de la premiere maniere qui elevait et dressait d’excellents arabes et luso-arabes. Il en avait un qui etait tres dresse. Il pouvait faire des pirouettes une foulee a la fois (depart au galop sur une foulee, arret, recommencer). Le cheval faisait tout et le reste et son obeissance etait extreme. Il a ete vendu a un jeune cavalier tauromachique et s’est fait tuer dans l’arene en attendant les ordres de son cavalier inexperimente. Le cheval vraiment baucherise perd son initiative et son allant naturel. Faverot l’a tres bien decrit: “surtout pas de zele” (mentione par Decarpentry).

Baucher reste un maitre a penser, dans le sens qu;il nous oblige a chercher des solutions innovantes et pratiques, je dirais iconoclastes, ce qui implique que nous ne devons pas respecter le dogme (meme celui de Baucher) dans la recherche du dressage "en amelioration". Le cheval que j’ais decrit il y a trois jours comme momentanement tres lourd - car j’ai cru approprie de le “coincer” dans une position et une cadence constante - conserve maintenant sa cadence, est leger a la main et commence a gagner de l’amplitude de mouvement dans cette cadence sans perdre sa legerete (c-a-d so equilibre). C’est pour ca que j’ais dit que la legerete est TOUJOURS in but final, PARFOIS un moyen mais JAMAIS une priorite absolue (dans le timing de la progression), car le dressage passe par des phases, parfois incomfortables, come vous dites si bien plus bas…….

Euclides a écrit:Comme le dit JPG, il peut y avoir au cours du dressage du cheval différentes formes de représentation de ce contact, plus ou moins léger en fonction de la période du cheval. Je crois comprendre que JPG a beaucoup travaillé avec des cavaliers de concours hippiques, il a du certainement dans ce contexte rechercher pour les besoins d'une bonne performance à l'obstacle une certaine qualité de contact, mais aussi une certaine tension musculaire garantissant le bon fonctionnement du cheval dans sa locomotion et dans l'orientation de ses forces impulsives pour l'exécution du saut.


j’ai travaille plutôt des chevaux de complet. Je me souviens d’un double de banquettes a Lumuhlen (Championnats d’Europe de 1979) qui avaient exactement le meme aspect: façade en pierres, surface en herbe. Une faisait 1 m de large (il fallait la sauter) et l’autre faisait 2,50m de large (il fallait faire banquette). La question etait comment dire au cheval la difference entre les deux? J’ai dit a ma cavaliere de prendre un contact solide devant la premiere et le cheval a sauté gros en poussant un peu contre la main (le cheval equilibre toujours le contact ferme sur la main en poussant avec les posterieurs, ce qui est la raison intuitive pour laquelle les cavaleirs de sport aime un contact "rassurant". Devant le second, je lui ai dit de lacher le contact au dernier moment et le cheval s’est engage tres fort pour compenser le manque de support de la main, a fait un petit pied devant la banquette et l’a grimpee comme un chat.

Il faut comprendre tous les (rares) cas ou l’appui peut etre necessaire au progres (ou inevitable dans une difficulte) et les cas ou la legerete est utile (plus souvent), que ce soit a l’obstacle ou en dressage. C’est pour ca que je dis: “pas de dogme”, mais plutot “un esprit de la methode”, comme a dit Durand (le general).

Euclides a écrit:Trop de cavaliers sont, je pense, dans la recherche de la légèreté dans le contact sans avoir garanti une bonne tension dans la ligne supérieure de leur cheval, ce qui fait que les chevaux, au lieu de "franchir les oreilles au dessus de la bouche", "recule les oreilles en affaissant leur base d'encolure". On peut malheureusement en faire le constat en regardant sur internet des videos représentant la pratique de "l'équitation à la française". Les chevaux sont souvent dans des allures molles qui ne représentent malheureusement pas une impulsion ralentie pour l'obtention du rassembler sous ces différentes formes (piaffer, passage, etc.).

Les chevaux de CSO doivent pouvoir sauter des obstacles en toute circonstance, ce qui suppose parfois de pouvoir se propulser sur des courbes. Dans ces conditions, pas question d'avoir une encolure "molle" et un cheval qui galope à côté de sa bouche dans les incurvations. L'avantage du CSO est que le juge de paix (l'obstacle) est beaucoup plus évident que le travail sur le plat, qui parfois pardonne des imprécisions ou des défauts, que la discipline de l'obstacle ne laisse rarement passée.


absolument! Les obstacles disent la verite. La ligne de dessus “tendue” comme vous dites, doit etre en “tension positive”, c-a-d que les oreilles avancent depuis le garrot et le dos recule vers les jarrets. C’est ce qui fait monter le dos correctement. C'est tres important: ca permet deja de s'asseoir correctement et facilement sur des chevaux qui se deplacent fort.

Euclides a écrit:Il me parait clair de mon expérience personnelle, que la recherche de la légèreté dans le contact doit toujours être une priorité quelque soit l'attitude et le mouvement recherchés par rapport au cheval - de l'extension d'encolure jusqu'au rassembler complet. Si nécessaire, décomposer position et action et se rappeler la doctrine de l'école française : calme (toujours) PUIS en avant PUIS droit.


la pensee du cavalier doit aller vers la recherché de la legerete, mais il ne faut pas s’inquiter si elle n’est pas possible des l’abord. Si le manqué de legerete vient d’une resistance (trop de poids sur une rene qui affecte l’equilibre, trop de poussee contre l’autre rene qui affecte l’impulsion) ca doit etre resolu d’emblee. Mais si on a besoin d’un contact plus ferme pour securiser l’allure, trop de legerete n’est pas une bonne idée.

Quand a l’ordre sacre de Calme, En Avant, Droit, l’experience fait que je le dispute un peu dans la pratique. Un cheval trop excite ne se calmera pas avant d’avoir ete travaille energiquement en avant. Un cheval tres tordu n’avancera pas avant d’avoir ete redresse un minimum (car il s'entablera de cote contre la demande d'impulsion). Le principe de L'Hotte est sans doute une grande idée, mais pas un dogme absolu dans ses priorites car le prochain cheval nous fera manger le dogme avec notre chapeau en prime :) .

Euclides a écrit:Ensuite, comme obtenir cette relation agréable avec la bouche du cheval ? Je pense qu'il faut arriver à concilier mobilité des doigts, fixité de la main et élasticité des coudes. Je garde à l'esprit les recommandations du commandant de Padirac dans l'échelle de progression des actions de main pour obtenir cette légèreté dans le contact : mobilité des doigts PUIS rotation des poignets (si nécessaire) PUIS élévation de la main (si nécessaire).

Les doigts doivent fonctionner avec une certaine mobilité, sans cependant nuire à la fixité de l'avant-main du cheval. Généralement, si le cheval manque de fixité dans le cadre de ces actions de main décontractantes, c'est que l'on agit d'avant en arrière ou que le manque d'impulsion empêche le cheval de basculer ses oreilles au dessus de sa bouche. Attention cependant à la situation inverse (trop d'action du cheval dans son mouvement), qui par une perturbation de l’équilibre du cheval génère le surpoids caractéristiques d'un cheval sur les épaules.

J'accorde énormément d'importance à tous les détails matériels susceptibles de me perturber dans la recherche de contact. Pour ces raisons, je monte toujours avec les mêmes gants (été comme hiver) les mêmes rênes (quitte à les passer d'un filet à un autre) et si possible avec la même embouchure (mors Chantilly avec rondelles pour encadrer le cheval dans les actions de rênes contraires et les flexions) les 5 ou 6 chevaux que je peux potentiellement monter dans mon écurie.


je pense que CC a raison: le contact de la bouche se reduit a la qualite du rapport DOS du cheval /DOS du cavalier. La main n’a pas tant d’importance quand l’assiette fonctionne bien avec le dos et le dos avec l’assiette. Evidemment je ne me pose pas beaucoup de questions sur la main car j’ai un peu l’habitude. J’ai parle a une de mes eleves l’autre jour a propos de la main car elle etait un peu frustree avec un de mes chevaux aux longues renes (il est vieux et delicat). Je lui ais conseille de ne pas trop reflechir, pas trop analyser et surtout SENTIR. Je lui ai rappele que sur un voilier, les “renes” qui controlent l’effet de la puissance du vent sur les voiles s’appellent des “ecoutes”, pour une bonne raison. Il faut ecouter le cheval avec les renes autant que lui parler. Meme en main fixee, il fau se laisser gyider par la sensibilite.

A l’inverse, je dirais qu’il faut savoir se passer de ses mains et ajuster le cheval par le poids du corps et l'action du dos. Je me souviens dans ma jeunesse au Portugal, mon ami Francisco Cancella et moi avions decide de monter 30 jours sans rien faire avec les mains (mains en "renes fixe"). Ca nous a ouvert beaucoup de portes. Nuno repetait souvent que si on commence par resoudre les problemes en ajustant la position/action du torse, il ne reste plus que 10% a resoudre par la main/doigts, etc.

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