Blocage à pied (le torchon brûle)

Vous avez un problème qui se rapport à votre cheval, à son travail, à son éducation, à son bien-être, n'hésitez pas, cet espace est pour vous...

Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Véro » Mar 31 Mar 15 01h04

Il m'arrive une chose assez désagréable avec ma jument depuis quelques mois.

Pour rappel jument barbe de 17 ans cette année, que j'ai depuis de nombreuses années et avec laquelle j'entretiens un rapport de vieux couple !

Suite à un changement d'écurie l'année dernière (je l'ai mise pendant 6 mois dans une pension pré où elle a manifestement retrouvé un esprit de troupeau) elle a pris la mauvaise habitude de se bloquer à pied en longe pour refuser le retour au boxe, l'attache, la direction de la carrière, bref tout ce qui l'éloignait de ses congénères.
Le blocage était toujours vers l'avant, elle levait la tête, s'opposait et il devenait impossible de la faire avancer (sauf dans la direction qui lui plaisait) j'ai un peu tout essayé, le calme, l'autorité, la baguette, la ruse, j'en passe… j'arrivais toujours à mobiliser les épaules et les hanches et la faire reculer, mais devant blocage total.
Et pour l'emmener vers la carrière, quand le chemin divergeait de celui du pré, la seule solution était de l'enfourcher, une fois là haut elle redevenait docile et acceptant l'éloignement, y compris, loin, en extérieur.

Après retour dans son ancienne écurie, où les chevaux sont au travail et en boxe la plupart du temps surtout en hiver, ça mieux.
Mais il reste des séquelles. Elle continue à bloquer plus qu'avant dans les directions lui déplaisent : actuellement ce sont les points d'attache, lieux de pansage ou douche et plus récemment le montoir (le banc en pierre plate qui sert de montoir dans la cour de l'écurie).
J'y arrive toujours, mais ça prend du temps!! Je me retrouve "piteuse" demandant de l'aide pour pousser aux fesses ma jument transformée en mûle.
Alors qu'avant c'était juste évident et que je m'enorgueillissais bêtement d'avoir une jument si docile alors que d'autres avaient des chevaux à problème.

Pas de soucis pour aller du boxe dans le rond de longe, carrière, manège, extérieur… et toujours pas de soucis quand elle est montée…

Enfin pas de soucis, je la sens tout de même dans une retenue aussi au travail, mais c'est une autre histoire…
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Jean-Philippe » Mar 31 Mar 15 10h32

Et bien, ça demande réflexion avant de répondre... :wink: Tu es retournée près de Crépy en Valois ?
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Véro » Mar 31 Mar 15 11h20

Oui, ils ont construit un grand manège. Avec le rond de longe couvert et les chemin sablonneux en extérieur, les installations sont devenues vraiment sympas pour travailler. Dommage que je n'en profite pas vraiment avec ma mule …
J'ai l'impression qu'elle en a marre, ou qu'avec l'âge elle a appris à éviter tout ce qui l'embête :cry:
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Ph.Farnault » Mar 31 Mar 15 15h22

Un jour où vous aurez du temps devant vous, avec un détachement total vis à vis de la situation. C'est à dire que la jument ne doit pas ressentir vos sentiments (impuissance, agacement, etc.)
Elle doit toujours ressentir que vous êtes maîtresse de la situation et que savez ce que vous faîtes. La situation de la première fois où la jument a été dominée par son instinct a été normale, mais ce jour elle a ressenti votre impuissance et ensuite à d'autres occasions a pris votre place au bout de la longe.

Il vous faudra systématiquement inverser les rôles... C'est à dire que vous allez à un moment où elle se déplace librement lui imposer l'immobilité absolue durant un temps assez long, en vous mettant face à elle. Lorsqu'elle s'immobilise d'elle-même, vous pourrez provoquer son déplacement avec un seau de granulés (en souhaitant que cela fonctionne et que quelqu'un vient reprendre pour vous aider) et l'immobiliser ensuite sans que même elle ait pu mettre son nez dans le seau.

J'ai eu à m'occuper d'une jument Akhal-Teke croisé avec du sang arabe. Peu importe ce qui l'a amenée à se comporter ainsi, mais elle s'immobilisait lorsqu'on la montait et ne bougeait plus quoi que l'on fasse. Quand on comprend qu'il ne faut pas s'agiter inutilement sur elle pour la faire marcher, j'ai passé parfois jusqu'à 20 minutes et plus immobile avec elle. Lorsque elle repartait d'elle-même (là était mon erreur...) je la félicitais et descendais marcher longuement à coté d'elle. Mais elle recommençait le lendemain... Attente, 10 min. 15min. 20 min. ou plus qu'elle veuille bien bouger et un jour j'ai compris... je la laissais faire 2, 3 pas de son plein gré (félicitations, paroles douces, joie) et je lui imposais l'immobilité à mon tour autant de temps qu'elle venait de passer immobile.
J'ai inversé les rôles sereinement, sans inquiétude quant à l'avenir. Et ça lui a passé.

Sans doute pourrez-vous faire ainsi en donnant toujours l'impression que vous savez ce que vous faîtes. Amicalement.
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Jean-Philippe » Mar 31 Mar 15 18h22

Très intéressant, Philippe !
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Véro » Mer 1 Avr 15 21h22

Intéressant effectivement !

Imposer l'immobilité, ça paraît un peu étrange voire risqué à première vue et ça ne me serait pas venu à l'idée mais je comprends que c'est dans un but de reprendre le contrôle.

Pour ce qui est de la patience, j'avais plutôt tendance à lui interdire tout mouvement y compris baisser la tête, sauf dans la direction où je voulais aller… Et il m'est arrivé de mettre 1/4 d'heure du boxe au point d'attache (une trentaine de mètres).

Je suis passée en coup de vent ce soir. Il y avait des ados plein la cour et le foin venait d'être distribué, pas le moment idéal pour la manipuler.

Je retenterai vendredi, ce sera plus calme…
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Christopher Cunningham » Jeu 2 Avr 15 19h05

Cela n'a pas de rapport direct, mais j'ai envie de le raconter...

Il m'est arrivé un jour de monter sur un cheval (carrière, un jour de grand vent) et de rester immobile pendant 15 minutes en respiration "yoga". Je n'ai rien eu à faire pour qu'il demeure immobile (alors qu'il était infernal au montoir quelques semaines auparavant.

Sans que la bête n'ait fait un seul pas, pied à terre et retour au box.

Pourquoi?

Simplement parce que j'ai senti que c'était le mieux à faire ce jour là...

Pour relayer Philippe, n'hésitons pas à faire des trucs originaux, qui ne mangent pas de pain, en suivant notre imagination. Perdre une heure pour en gagner cent...

CC
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar JPG » Ven 3 Avr 15 18h18

Salut,

Le probleme de Vero est assez standard. Les chevaux ont leur plan a eux qui ne correspondent pas forcemement aux notres.

En bref, la jument est centree mentalement sur son troupeau plutot que sur sa cavaliere. Mes juments (qui sont au pre 24/365) se comportent souvent de la meme maniere et ne veulent pas venir a l'ecurie pour ne pas se separer de leur copines. Elles en perdent le boire et le manger quand elles sont au box pour un moment. Elles tendent donc a mettre les freins et n'avancent plus quand on leur demande de s’eloigner du troupeau. Le meme probleme se presente avec n'importe quel cheval retif qui ne monte pas dans un camion, se plante devant un obstacle ou se tetanise par peur d'un monster, visible ou non.

En fait la cause psychologique de la retivite importe peu car la manifestation physique du probleme est toujours la meme. La solution de dressage est donc, aussi, toujours la meme. Un cheval se frene et, a la limite s'accule, en poussant vers l'arriere avec ses anterieurs et en mettant donc trop de poids sur ses posterieurs. C'est generalement l'anterieur gauche qui frene le plus, mais avec certains chevaux plus serieux, ca finit par etre les quatre pieds. A l’inverse, un cheval fuit en poussant vers l’avant avec ses quatre membres . Les deux manieres servent a accomplir toutes les resistances et defenses que nous rencontrons. La solution consiste a faire bouger les pieds dans le sens qu’on veut, quand on veut. Tom Dorrance disait: “bougez les pieds et vous controllez le cheval”. Baucher ne disait pas autre chose.

Je viens de recevoir un cheval comme ca. Un andalou qui a l'air d'etre croise pur sang (garrot haut, cuisse forte et descendue, caractere tres colereux). Il a raconte a tout le monde qu'il avait peur de tout, donc il etait monte dans le silence complet, tout stimulus exterieur evite, pas de contact avec le mors, bref toutes les manieres habituelles de ne pas resoudre le probleme. Monte par une gamine qui ne demandait rien ca allait a peu pres, mais a la moindre question, rien n'allait plus. Donc il vient en vacance chez moi.

A la longe, il trotte tres bien mains ne galope pas, le dos est completement rigide, la tete haute et difficile a brider. Je l'entreprends donc a la main, travail a pied standard, pirouettes contre-pirouettes, avancer, reculer, arrets sur la cravache, tout ca au milieu du manege. Puis je progresse a faire le tour du manege le long du mur, pas a pas et je m'approche des coins ou vivent les monstres. Naturellement ils commence a "avoir peur" du vent, des oiseaux (nous avons des moineaux carnivores au Kentucky qui sont tres dangereux) . La manifestation de tout ca est tres simple: les pieds se figent, anterieurs vers l'avant, posterieurs vers l'arriere. Je le fais donc bouger, un pied a la fois, anterieurs d'abord, puis posterieurs, on entre dans le coin avec beaucoup de difficulties car il n’a aucune flexion dorsal. Je travaille donc dans le coin, vers l’avant et vers l’arriere et tout d’in coup, quand il n’aime pas la situation, il se met debout comme debout et m’echappe. Il a apparement fait ca souvent car il n’hesite pas, ne previent pas et va jusqu’au bout de son idée avec toute la violence necessaire. Je reprend le controle, continue donc a pas a pas, lui fait lever chaque pied, un a la fois jusqu’a ce qu’il puisse le tenir en l’air quelques secondes.

A la lecon suivante, je lui demande la lecon suivante: au lieu de lui demander de s’eloigner de moi avec la cravache sur le flanc/croupe/jambe/epaule de mon cote, je lui demande de venir vers moi par la cravache placee au desus de son dos en le touchant sur le flanc exterieur. Pour aider le deplacement des membres. je lui pousse le nez vers l’exterieur pour faire venir la croupe vers moi. C’est une lecon fondamentale car inverse de l’autre: sans cette obeissance a la cravache a l’exterieur, pas moyen de travailer un cheval au milieu du manege car il fuira toujours de cote si c’a n;a pas ete fait. Cette lecon a etee beaucoup plus difficle que l’autre. Apres, je l’ai longe avec une rene exterieure et un tres leger contact sur celle ci. Il etait furieux de devoir accepter ce controle qui lui demande de ceder un peu vers l’interieur, donc de deplacer ses pieds dans une nouvelle direction. Il a fait des lancades spectaculaires pour se debarrasser du leger contact qu’il avait sur la rene exterieure, s’est arrête, s’est mis debout quelques fois, m’a meme menace un peu, etc. Tout ce comportement est l’expression de la nature sociale du cheval: il veut controller ses mouvements et ne veut pas etre controle par un autre qu’il estime inferieur. Au pre, il est soumis a mes autres chevaux et se deplace calmement quand les autres le poussent, mais avec les humains, personne ne lui a explique ses fonctions syndicales et il est devenu convaincu que ca allait marcher selon son plan a lui. D’autre part, chaque fois qu’il a eu “peur”, la pression a baisse et tout le monde a joue le jeu, son jeu, tout en se posant des tas de questions sur ce qui pouvait etre la source de cette peur. Elle est restee, bien entendu, introuvable. Donc il a ete recompense pour avoir peur et est devenu convaincu de son droit a s’echapper aux demandes humaines don’t il s’etimait indigne. En fait quand il a ete contre mes demandes, il n’avait plus peur du tout et etait meme menacant.

Le lendemain, tout est oublie, il y a pense toute la nuit et a decider de travailler avec moi et plus contre. Il se deplace facilement, leve ses pieds tranquilement, passe dans le coin en avant et en arriere avec un pli, vient vers moi avec une rene exterieure tres legere au pas comme au trot et commence a se diagonaliser avec des foulees lentes et calmes, plus longues, sans laisser les posterieurs derriere comme il le faisait depuis des annees. L’attitude au box est meilleure: il me suit, prend le mors presqu’avec un sourire (il ouvre la bouche au lieu de serrer les dents). Aujourd’hui, il fera des epaules en dedans a la longe en s’eloignant et en se rapprochant de moi sans probleme. Demain ou après demain, il piaffera facilement car son reflexe diagonal est maintenant etabli. Eventuellement, quand il saura piaffer un peu, son galop va emerger grace a la souplesse accrue de son dos et la mobilite de ses pieds. Miatenant qu’il est d’accord avec le programme general, je vais le tapoter pour obtenir plus de relaxation generale. Pas de relaxation sans un minimum de participation volontaire.

La morale de tout ca est qu’un cheval est retif pour ses raisons personelles, se sert du chargement de ses pieds pour exprimer cette retivite, et quand cette possibilite disparait, l’attitude et les emotions qui y etaient attachees disparaissent aussi. Les chevaux sont simples: emotions = expression par la locomotion (ou manque de la meme), solution = changement de cette locomotion = changement de l’emotion de depart. Tout ca commence par le deplacement de chaque anterieur par le tapotement, quelques centimetres a la fois, car les posterieurs suivront toujours. L’inverse n’est pas vrai: un cheval retif pousse par derriere, ou s’engagera sans avancer, ou tappera contre la cravache et deviendra encore plus retif. Le probleme de la jument de Vero se reglera de la meme maniere, vu d’ici :D .
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Véro » Sam 4 Avr 15 12h15

Tout cela est fort intéressant mais j'ai du mal à visualiser. Je suppose qu'il faut tapoter les antérieur par l'intérieur. Et faut-il se placer face à lui, sur le côté vers l'avant ?
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar JPG » Sam 4 Avr 15 15h57

Tapotez le cheval du cote oppose ou vous voulez que le pied aille. Derriere pour aller en avant, devant pour aller en arriere, a gauche pour le faire aller a droite et ainsi de suite. mettez vous ou elle ne vous passera pas dessus :D , simple comme bonjour. Quand elle bouge les anterieurs, tapotez les posterieurs dans le timing de l'anterieur oppose, pour qu'elle se diagonalise, meme principe. Vous aurez une flexion de machoire en prime

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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Laurent » Sam 4 Avr 15 23h19

Si je me souviens bien, le premier travail à pied de Baucher était de faire avancer les chevaux à la cravache sur les pectoraux. Je n'ai pas encore trouvé de chevaux sur lequel ça ne marche pas. Quand on est seul, c'est un bon moyen de s'en sortir.
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Jean-Philippe » Sam 4 Avr 15 23h44

Laurent a écrit:Si je me souviens bien, le premier travail à pied de Baucher était de faire avancer les chevaux à la cravache sur les pectoraux. Je n'ai pas encore trouvé de chevaux sur lequel ça ne marche pas. Quand on est seul, c'est un bon moyen de s'en sortir.

C'est ce que j'allais écrire. Voici un extrait de Raabe :

Raabe a écrit:Le cavalier tire un peu le cheval en avant avec la main gauche, pendant qu'il le menace ou le frappe délicatement au poitrail avec la cravache, à des temps d'intervalles réglés sur la susceptibilité de l'animal. Le premier mouvement naturel du cheval est ordinairement celui de reculer; le cavalier le suit dans son mouvement rétrograde, sans discontinuer la tension des rênes de la bride, qu'il rend de plus en plus énergique, ni les menaces ou petits coups de cravache sur le poitrail.

Après avoir reculé quelque temps, le cheval cherche à se soustraire à ce châtiment par le mouvement en avant ; le cavalier s'empresse alors de cesser les coups de cravaches et flatte l'animal du geste et de la voix. Il faut surtout éviter de faire cabrer le cheval. La répétition de cet exercice fait comprendre au cheval que, pour éviter les coups de cravache, il doit avancer. Le résultat obtenu, la cravache provoque le mouvement en avant, de même que le ferait l'action des jambes d'un cavalier qui monterait l'animal.


Avec les petites gravures adéquates :

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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar JPG » Dim 5 Avr 15 05h15

Vous aimez bien les trucs compliques! :roll:

Si vous lisez bien Raabe, il explique que sa methode implique un certain nombre de problemes, evident par le simple dessin de Margot dans le livre de Decarpentry. Premierement le cheval s'accule car le message est ambigu, deuxiemement, meme quand ca marche, ca correspond a une education de plusieurs stades pas a la portee de tous, troisiemement, il ya danger possible ("ne laissez pas le cheval se cabrer"), "Le cheval doit comprendre la question et se rendre a la bonne decision", en gros, c'est pas simple, etc.

On a fait un peu de progres depuis Raabe (merci a lui) et je vous propose une technique bien plus simple: tapoter le membre que vous voulez deplacer dans la direciton ou vous voulez le deplacer pour obtenir le resultat souhaite immediatement. Ca marche immediatement. Trop simple pour les Gaulois? :)

J'ai travaille un cheval de 12 ans aujourd'hui qui etait completement accule sur les aides (mains, jambes, cravache) et qui s'inversait a chaque demande d'impulsion du a un dressage precedent de "Park Harness".

voyez un exemple :



Regardez bien l'equipement : la croupiere super serree et le "overcheck" (sursangle, oreilles, bouches) serree dans l'autre sens pour bien creuser le dos, les renes passant par une martingale a anneaux basse pour que la tete n'echappe pas vers le haut. En plus ces chevaux sont dresses a se camper au moindre attouchement de cravache. A l'envers comme a l'envers!

Je lui ai demande d'avancer un posterieur dans le timing de l'anterieur oppose, puis alternativement, avancer l'anterieur jusqu'a ce que le posterieur suive (encore plus facile et beaucoup plus direct car l'acculement commence par les anterieurs). Il s'est debraque, a donne un pas diagonalise dans la mise en main, un peu de pas d'ecole (geste plus eleve des anterieurs), departs au petit trot et arrets le long du mur et un balbutiement de piaffer. Aucune defense apres les quelques levees de tete du debut quand je touchais simplement les renes (elimines par le tapotement du dos), plus d'acculement, et un pas relativement ample avec extension d'encolure quand je lui ai rendu les renes (il avait commence avec des foulees de 20 cm). Duree totale de la lecon: 30mn, tout compris. Resultat futur assure.

Si j'avais commence par le poitrail, j'y serais encore avec quelques cabrades en plus (je sais : j'ai essaye dans le temps :) ) Ce n'est pas que ca ne marche pas, c'est que ca prend beaucoup plus de temps et d'habilete de la part du dresseur.

Le tapotement sur le poitrail donne une bonne mobilisation des pectoraux quand le cheval est dans la mise en main. A ce point la du dressage, on peut toucher la poitrine pour l'activer en meme temps que la main demande du mouvement dans n'importe quelle direction (en avant ou en arriere ou en place). La pression fixe de la cravache sur la poitrine ou l'encolure sert a l'arret de la mobilisation cree par le tapotement.

La demarche est la suivante: stade 1: le mouvement des anterieurs mobilise progressivement l'encolure et la machoire; stade 2: une fois le cheval bien mobilise dans toutes les directions par la cravache, le mouvement des renes determine directement le mouvement des 4 pieds (comme il doit le faire a cheval).

Il faut se souvenir qu'un effet de rene applique au bon moment qui ne peut pas faire bouger le pied ou le diagonal correspondant, rencontrera une resistance. Celle ci sera attribuee a la bouche ou la nuque ou a l'encolure, quand en fait elle part du pied qui s'appuie au sol trop longtemps. Il faut donc prendre le probleme a sa source et apprendre au cheval a bouger ses pieds dans n'importe quelle direction par une petite vibration de la main dans la bonne direction et au bon moment. C'est comme le clavecin bien tempere. Bach a explique ca tres bien: "il suffit de toucher toutes les bonnes notes au bon moment et le tour est joue"

Raabe a eu d'excellentes idees sur lesquelles j'ai construit en partie mon systeme (il esquissait l'Endotapping dans certains passages). Mon travail lui doit beaucoup, mais on n'arrete pas le progres :)

Michel Henriquet a ecrit ceci sur ce sujet (encore inedit).

« Après les "effets généraux " de La Guérinière et les "effets partiels " de Baucher que Nuno Oliveira a su harmoniser avec tant d’élégance, nous arrivons aux "effets locaux " de l’Endotapping qui vont nous aider à aller plus loin dans la facilitation du dressage, tant pour le cheval que pour le dresseur. Le travail de Jean Philippe Giacomini constitue incontestablement une approche novatrice. Je crois que si nos maitres étaient encore en vie, ils auraient apprécié cette évolution de notre art. ».

Essayez, vous ne pouvez pas faire de mal, meme si vous avez 2 pieds gauches :D

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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Véro » Ven 17 Avr 15 20h45

Bon, pour revenir à nos moutons ou plutôt à ma mule !

J'ai testé le tapotage à l'intérieur des antérieurs dès que ma jument s'est immobilisée (après la sortie du boxe, direction barre d'attache).
J'ai obtenu un franc reculé, je pense qu'on aurait pu retourner en arrière jusqu'au boxe sans problème !
Le seul petit mouvement en avant que j'ai obtenu a été en touchant le paturon gauche sur le devant, puis elle s'est immobilisée…

J'ai laissé tomber pendant quelque temps, me faisant aider dès qu'elle bloquait : avec un acolyte derrière, elle repart en avant sans problème.

Après une semaine studieuse : dressage/trotting/obstacle, je suis passée pour la sortir dimanche. Je l'ai lâchée dans la carrière. Il restait des obstacles de la veille.

Je l'ai laissée se rouler et s'ébattre à sa guise. Puis elle m'a suivie sans problème autour des obstacles. Serpentine avec une longe imaginaire autour d'une ligne de trois obstacle. Reculer, remise en avant . Nickel.

Les choses se sont compliquées lorsque j'ai voulu l'emmener de l'autre côté de la carrière.
Le côté qu'elle n'aime pas, opposé aux écuries, au pré, je passe les détails !

Mon idée était de lui faire enjamber un obstacle dans ce fameux coin qu'elle n'aime pas, un petit oxer dont j'avais mis les barres à terre (obstacle qu'elle aurait sauté, au même endroit, sans difficulté, montée).

Dès qu'elle a compris qu'on allait dans cette direction, elle s'est arrêtée, j'ai remis la longe elle a fait quelques pas puis s'est figée : encolure à verticale, tête presque à l'horizontal, œil légèrement clos, absent…
J'étais avec un licol et longe éthologique, j'apprécie surtout la longueur de la longe, ni trop longue, ni trop courte.

Je me suis mise au milieu des 2 barres au bout de la longe, face à elle, puis de dos, un bon moment, elle n'a pas bougé, j'ai fini par m'accroupir au milieu des barres regard en bas, j'ai vu presque immédiatement ses pieds avancer, puis sa tête en bas, naseaux, œil ouvert, dans ma direction, je me suis relevée doucement, elle a passé l'obstacle calmement sans difficulté.…
Caresse félicitation on est sorties de la carrière.

Après ça j'ai voulu réitérer, sur le chemin du retour, la douche étant sur le chemin, j'ai voulu faire un "crochet" pour tester son obéissance. Ça n'a pas loupé, dès qu'elle a compris qu'on allait vers la douche elle s'est arrêtée. Je me suis accroupie sous l'anneau d'attache, à peine attendu, elle m'a rejointe, on est repartie vers l'écurie.

Ce n'est pas la première fois que je remarque que cette position en bas, assis, accroupi, plus dans un esprit d'attente, d'ancrage que de soumission, marche assez bien !
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Re: Blocage à pied (le torchon brûle)

Messagepar Ph.Farnault » Sam 18 Avr 15 00h53

On peut dire que vous avez mis en avant un langage corporel de communication, ce qu'un cheval pratique constamment avec les autres. Ici la curiosité de la jument a été éveillée face à votre gestuel inhabituel pour elle.
Il faut continuer dans ce sens naturel dont elle a besoin…

L'utilisation de la baguette sur les membres est une bonne idée, mais où l'échange physique (entre deux corps) avec le cheval manque sérieusement. La jument se rend-elle compte vraiment d'où proviennent ces petits heurts répétés sur ces jambes, et à qui elle obéit ? Cela n'empêche pas qu'elle doit y répondre et que vous devrez trouver le dosage utile. Si vous pouviez faire des essais sur un cheval qui n'est pas buté, pour enregistrer ses réactions et revenir vers votre jument ensuite…

Pour revenir au langage corporel entre deux êtres vivants, je me permets de vous rappelez ma proposition précédente où nettement votre corps impose une situation à la jument (décidée sérieusement à aller vers son box au moment où elle entend que la nourriture est servie, par exemple) qui doit y obéir en s'immobilisant (pour créer l'instant précis où votre corps s'efface pour la laisser passer et provoque ensuite une nouvelle immobilisation à qui elle doit absolument obéir). Le mieux est de ne pas se trouver trop près d'elle (environ 5 pas ou plus), mais sans doute éprouverez-vous le besoin au début d'être proche pour mieux vous faire comprendre…

Une autre piste, vous dîtes ne pas avoir de problème avec elle en selle.
Essayez (la selle sur le dos, éventuellement avec quelqu'un assis dessus et totalement impassible sauf dans l'accompagnement des mouvements du dos) de la faire se déplacer en longues rênes. L'idée serait qu'elle se déplace alors que vous êtes à pied, situation qui lui pose problème en ce moment.

Amicalement
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